Les Etats-Unis d’Amérique : 250 ans d’histoire

Ce 4 juillet, les Etats-Unis d’Amérique vont fêter le 250ème anniversaire de la déclaration de leur indépendance. Si la création de ce nouveau pays date du 04 juillet 1776, sa constitution est entrée en vigueur en 1789, date à laquelle George Washington est devenu le premier président. Depuis cette année-là, 46 présidents ont exercé la fonction.

Ce mois de juillet est donc l’occasion pour moi de m’intéresser non seulement aux Etats-Unis mais à la présence française et au rôle joué par les français sur le continent américain.

L’amérique à l’origine

Avant la création des États-Unis, le territoire de ce qui allait devenir le pays était peuplé par des centaines de nations autochtones, dont les Cherokees, les Iroquois, les Sioux ou les Algonquins, établies depuis des millénaires. Leur mode de vie, souvent sédentaire ou semi-nomade, reposait sur l’agriculture (maïs, haricots, courges), la chasse et un commerce actif entre tribus.

L’arrivée des Européens au tournant du XVIe siècle, avec Christophe Colomb en 1492, puis les explorations de Cabot, Cartier ou Champlain, a marqué le début d’une colonisation progressive. Les Espagnols, les Français, les Néerlandais et surtout les Britanniques ont fondé des comptoirs puis des colonies : la Virginie en 1607 (premier établissement anglais permanent), le Massachusetts en 1620 avec les Pèlerins du Mayflower, ou encore la Nouvelle-Amsterdam (future New York) en 1624. Ces Treize Colonies, établies entre 1607 et 1732, étaient principalement peuplées de colons britanniques, mais aussi d’Allemands, de Néerlandais, de Français (notamment en Louisiane), d’Écossais, d’Irlandais et d’esclaves africains, venus souvent sous contrat ou par la force. Les tensions avec les populations autochtones, dépossédées de leurs terres par les traités ou les conflits (comme la guerre de Métacom en 1675-1676), ainsi que les rivalités entre puissances européennes, ont façonné une société coloniale diverse mais profondément inégalitaire, où les idéaux de liberté cohabitaient avec l’esclavage et la marginalisation des peuples premiers.

Le rôle des français en Amérique

Etats-Unis et Canada en 1720
source : 1720_bm007-2_19p002op | Archives de Montréal

La nouvelle France

La Nouvelle-France désigne l’ensemble des territoires nord-américains explorés, revendiqués et colonisés par la France entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Ce vaste espace s’étendait du Canada actuel, en passant par les Grands Lacs, la vallée du Mississippi, jusqu’à la Louisiane et une partie de l’Acadie. Les premières explorations, menées par des navigateurs comme Jacques Cartier au début des années 1530, marquèrent le début de la présence française sur le continent. Cartier explora notamment le golfe du Saint-Laurent et remonta le fleuve jusqu’à l’emplacement actuel de Montréal, où il rencontra des peuples autochtones comme les Iroquoiens du village de Stadacona.

Samuel de Champlain, (1574-1635) surnommé le « Père de la Nouvelle-France », joue un rôle essentiel dans l’établissement durable de la présence française en Amérique du Nord. Né vers 1574 à Brouage, il devient explorateur et cartographe, puis participe à plusieurs expéditions au début du XVIIᵉ siècle. Après des tentatives d’installation peu durables à Tadoussac et Port-Royal, il choisit la vallée du Saint-Laurent pour fonder une colonie plus stratégique.

Champlain qui échange avec les indiens
Par Charles William Jefferys — https://www.cwjefferys.ca/champlain-trading-with-the-indians, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=51221984

En 1608, soutenu par Henri IV, Champlain fonde Québec sur un site défensif et favorable au commerce des fourrures. Les débuts sont difficiles à cause du froid, des maladies et du manque de nourriture, mais la colonie survit grâce aux alliances avec les peuples autochtones, notamment les Hurons-Wendat, les Algonquins et les Montagnais. Ces relations commerciales et militaires sont essentielles au développement de la Nouvelle-France.

La fondation de Québec marque ainsi le début d’une présence française permanente en Amérique du Nord. Grâce à sa détermination, ses talents diplomatiques et ses explorations, Champlain contribue profondément à l’histoire du Canada et laisse un héritage durable dans la culture québécoise et nord-américaine.

Le traité de Paris en 1763 mit fin à la présence française en Amérique du Nord, à l’issue de la guerre de Sept Ans. La France céda le Canada et la partie orientale de la Louisiane à la Grande-Bretagne, ne conservant que quelques îles antillaises et la Louisiane occidentale. Malgré cette perte territoriale, l’héritage de la Nouvelle-France persiste aujourd’hui, notamment à travers la langue française au Québec, en Acadie et dans certaines régions des États-Unis, ainsi que dans les traditions culturelles, juridiques et religieuses des communautés francophones d’Amérique du Nord.

La Louisiane

Par Pinpin — travail personnel from Image:Nouvelle-France1750.png1) Les Villes françaises du Nouveau Monde : des premiers fondateurs aux ingénieurs du roi, XVIe-XVIIIe siècles /
sous la direction de Laurent Vidal et Emilie d’Orgeix /Éditeur : Paris : Somogy 1999.2) Canada-Québec 1534-2000/ Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois/Éditeur: Sillery (Québec): Septentrion 2000., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2858417

La Louisiane française fut l’une des régions les plus emblématiques de la Nouvelle-France, s’étendant bien au-delà des frontières actuelles de l’État américain du même nom. À son apogée, ce territoire couvrait une immense partie du centre de l’Amérique du Nord, du golfe du Mexique jusqu’aux Grandes Plaines, incluant des portions des actuels États de la Louisiane, de l’Arkansas, du Missouri, de l’Illinois, de l’Iowa, du Minnesota, du Wisconsin, du Mississippi, ainsi que des parties du Texas et du Canada. Son nom rend hommage au roi Louis XIV, sous le règne duquel la région fut officiellement revendiquée pour la France.

L’exploration de la Louisiane débuta dès la fin du XVIIe siècle, avec les expéditions de René-Robert Cavelier, sieur de La Salle. En 1682, ce dernier descendit le fleuve Mississippi jusqu’à son embouchure dans le golfe du Mexique et revendiqua l’ensemble du bassin versant au nom de la France, le nommant « Louisiane » en l’honneur du roi. Cependant, ce ne fut qu’en 1699 que la colonisation systématique commença avec la fondation du premier établissement permanent, Fort Maurepas, près de l’actuelle Biloxi, dans le Mississippi. En 1718, la ville de La Nouvelle-Orléans fut fondée par Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, sur un site stratégique près du delta du Mississippi. Cette cité devint rapidement le centre politique, économique et culturel de la colonie.

La Louisiane se distingua des autres colonies françaises par son peuplement plus diversifié. Outre les colons français, elle attira des Acadiens, expulsés de leur terre natale par les Britanniques après 1755, qui s’y installèrent et devinrent les ancêtres des Cadiens actuels. Des esclaves africains, amenés pour travailler dans les plantations de canne à sucre, de tabac et d’indigo, contribuèrent également à façonner une société métissée, où les cultures française, africaine, amérindienne et espagnole se mêlèrent. Le Code Noir, édicté en 1724, régissait la vie des esclaves et reflétait les tensions entre l’idéal religieux de conversion et la réalité économique de l’esclavage.

L’abrogation du Code noir, et des textes ayant réglementé l’esclavage en France, votée à l’unanimité par l’Assemblée nationale

La gestion de la Louisiane fut marquée par des défis constants. Les difficultés à attirer des colons, les conflits avec les nations amérindiennes, comme les Natchez, et les rivalités avec les Britanniques et les Espagnols rendirent l’administration complexe. En 1762, à la suite du traité de Fontainebleau, la France céda secrètement la partie occidentale de la Louisiane à l’Espagne, tandis que la partie orientale, incluant La Nouvelle-Orléans, fut attribuée à la Grande-Bretagne par le traité de Paris en 1763. La Louisiane redevint brièvement française en 1800, grâce au traité de San Ildefonso, avant d’être vendue aux États-Unis en 1803 dans le cadre de la vente de la Louisiane, une transaction qui doubla presque la superficie du jeune pays.

L’héritage de la Louisiane française reste vivace aujourd’hui. La langue française, bien que minoritaire, persiste dans certaines régions, notamment à travers le français cadien et le créole louisianais. La culture culinaire, musicale et religieuse de la Louisiane porte également l’empreinte de cette période, avec des traditions comme le Mardi Gras, la cuisine créole et cadienne, ou encore la musique zydeco. Les noms de lieux, les architectures coloniales et les récits historiques rappellent cette époque où la France a marqué durablement le sud des États-Unis.

Les 13 colonies

Les treize premières colonies qui donnèrent naissance aux États-Unis d’Amérique étaient situées sur la côte atlantique de l’Amérique du Nord et furent fondées par les Anglais entre le début du XVIIᵉ siècle et le milieu du XVIIIᵉ siècle :

  • Nouvelle-Angleterre : New Hampshire, Massachusetts, Rhode Island et Connecticut
  • Colonies du Centre : New York, New Jersey, Pennsylvanie, et le Delaware
  • Colonies du Sud : Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud et la Géorgie.

Chacune possédait sa propre administration, son économie et ses particularités religieuses, mais toutes dépendaient de la Couronne britannique. Les colonies de la Nouvelle-Angleterre vivaient principalement du commerce maritime, de la pêche et de la construction navale, celles du centre développaient l’agriculture, l’artisanat et les échanges commerciaux, tandis que les colonies du Sud reposaient sur de vastes plantations de tabac, de riz et d’indigo, exploitées en grande partie grâce au travail des esclaves africains. À partir des années 1760, les tensions avec la Grande-Bretagne s’accentuèrent en raison des nouvelles taxes imposées sans représentation politique des colons. Ces désaccords conduisirent à la guerre d’Indépendance, déclenchée en 1775, puis à la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776. Après la victoire contre la Grande-Bretagne, les treize colonies devinrent les treize premiers États des États-Unis d’Amérique et constituèrent le noyau fondateur de la nouvelle nation.

Cartes Des Premiers Américains Les États Unis Délivrent Le Premier

La guerre d’indépendance américaine

La révolution américaine, qui aboutit à la déclaration d’indépendance des Treize Colonies en 1776, ne doit pas seulement sa réussite à la détermination des insurgés américains. L’intervention française, à la fois militaire, financière et diplomatique, fut en effet un facteur clé de la victoire des Insurgents. Ce soutien s’inscrivait dans une stratégie plus large de rivalité entre la France et l’Angleterre, deux puissances européennes en compétition pour la domination mondiale.

La France, humiliée par sa défaite lors de la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui lui avait coûté une grande partie de ses colonies en Amérique du Nord, voyait dans le conflit américain une opportunité d’affaiblir son ennemi historique. Dès 1775, le roi Louis XVI, conseillé par son ministre des Affaires étrangères, le comte de Vergennes, commença à apporter une aide secrète aux colons américains. Des armes, des munitions et des fonds furent acheminés via des intermédiaires, comme le marchand français Pierre Beaumarchais, qui créa une société écran, Rodrigue Hortalez et Cie, pour contourner la neutralité officielle de la France. Cette aide clandestine permit aux Américains de tenir face aux forces britanniques, notamment lors des batailles de Saratoga en 1777, une victoire décisive qui convainquit la France de s’engager ouvertement.

17 Octobre 1777 – Saratoga –
Par John Trumbull — 1. United States Architect of the Capitol2. aoc.gov, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1379709

L’alliance officielle fut scellée par la signature, le 6 février 1778, du traité d’alliance entre la France et les États-Unis, négocié par Benjamin Franklin, Arthur Lee et Silas Deane. Ce traité, complété par un traité d’amitié et de commerce, marqua le premier engagement formel d’une puissance européenne en faveur de l’indépendance américaine. La France reconnut ainsi officiellement les États-Unis comme nation souveraine et s’engagea à fournir un soutien militaire direct. Cette décision eut un impact immédiat : elle incita d’autres nations, comme l’Espagne et les Provinces-Unies (Pays-Bas), à rejoindre la coalition contre l’Angleterre, isolant davantage Londres sur la scène internationale.

Sur le plan militaire, la contribution française fut déterminante. En 1780, un corps expéditionnaire de 6 000 hommes, commandé par le comte de Rochambeau, débarqua à Newport, dans le Rhode Island. Ces troupes, disciplinées et expérimentées, apportèrent une expertise précieuse aux milices américaines, souvent mal équipées et peu entraînées. La collaboration entre Rochambeau et George Washington aboutit à la victoire décisive de Yorktown en octobre 1781. Lors de cette bataille, les forces franco-américaines, soutenues par la flotte française de l’amiral de Grasse, encerclèrent l’armée britannique du général Cornwallis, qui capitula le 19 octobre. Cette reddition marqua un tournant dans la guerre et accéléra les négociations de paix.

Statue du Général Rochambeau
Par dbking — Lt. General Rochambeau, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3376790

La marine française joua également un rôle crucial. La flotte, sous les ordres d’amiraux comme d’Estaing ou de Grasse, domina les mers et empêcha les Britanniques de ravitailler leurs troupes. La victoire navale de la Chesapeake en septembre 1781, où de Grasse bloqua l’arrivée de renforts britanniques, fut particulièrement décisive. Sans cette supériorité navale, la victoire terrestre de Yorktown n’aurait pas été possible. Les Français perdirent des navires et des hommes, mais leur engagement naval fut un facteur clé de la défaite britannique.

L’appui financier de la France fut tout aussi vital. Entre 1775 et 1783, la France dépensa l’équivalent de près de 80 % du budget annuel de l’État pour soutenir les Américains. Ces fonds permirent d’acheter des armes, des uniformes, de la poudre et de nourrir les troupes. Sans cette aide, les États-Unis, dont l’économie était fragile, auraient eu du mal à maintenir leur effort de guerre. Cependant, cet investissement eut un coût élevé pour la France : il creusa le déficit public et contribua à la crise financière qui, quelques années plus tard, déclencha la Révolution française de 1789.

Au-delà de l’aspect matériel, l’alliance franco-américaine eut une dimension symbolique forte. Elle montra que les idéaux des Lumières, qui inspiraient les révolutionnaires des deux côtés de l’Atlantique, pouvaient transcender les frontières. Des officiers français, comme le marquis de Lafayette, devinrent des figures emblématiques de cette coopération. Lafayette, âgé de seulement 19 ans à son arrivée en Amérique en 1777, se lia d’amitié avec Washington et joua un rôle important dans plusieurs batailles, tout en défendant les valeurs de liberté et d’égalité. Son engagement illustre l’idéalisme qui animait une partie de l’aristocratie française, même si les motivations du roi Louis XVI restaient avant tout géopolitiques.

L’hermione, la Frégate de la Liberté

L’engagement du marquis de La Fayette au cours de la guerre d’Indépendance américaine et notamment son retour à à bord de L’Hermione marquent les débuts d’une amitié franco-américaine qui perdure depuis plus de deux siècles.

Juin 1780 : combat contre la frégate L’Iris

C’est un des combats les plus mémorables de L’Hermione. Le 7 juin 1780, à Long Island, l’Hermione combat quatre navires anglais dont la frégate anglaise l’Iris pendant une heure et demie et à feu continu. 260 coups de canon seront tirés depuis l’Hermione ainsi que 1250 coups de fusils et d’espingoles. Dix hommes sont tués, et 37 sont blessés dont le commandant et son second.

extrait selon le site : Son histoire – Hermione, La Frégate de la liberté

Par © Sémhur / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24276966

L’impact de l’intervention française ne se limita pas à la victoire militaire. Elle permit également aux Américains de négocier en position de force lors du traité de Paris en 1783, qui mit fin à la guerre. La France, représentée par Vergennes, joua un rôle actif dans les discussions, veillant à ce que les intérêts américains soient pris en compte, tout en défendant ses propres revendications territoriales. Le traité reconnut l’indépendance des États-Unis et fixa leurs frontières, marquant la naissance d’une nouvelle nation.

Pour la France, cette victoire fut à la fois une revanche et un pari risqué. Si elle affaiblit considérablement l’Angleterre, elle ne permit pas à la France de récupérer ses anciennes colonies en Amérique du Nord. Pire, les dépenses engagées aggraveront la crise financière du royaume, contribuant à saper l’autorité de la monarchie. Pourtant, sur le plan symbolique, la participation française à la révolution américaine renforce l’image de la France comme championne des causes de la liberté, un héritage qui influençera profondément les révolutions à venir, y compris celle de 1789.

Ainsi, le rôle des Français dans la révolution américaine fut multiforme : militaire, financier, diplomatique et idéologique. Sans leur soutien, la lutte pour l’indépendance aurait pu s’éterniser, voire échouer. Cette alliance, née d’intérêts communs et de valeurs partagées, illustre comment l’histoire des nations peut s’entrecroiser de manière inattendue, laissant une empreinte durable sur le cours du monde.

L’indépendance des Etats-Unis et la généaologie.

Selon les dates clés des événements, il vous est possible de cerner les ancêtres ayant pu assister, voire participer à ces campagnes vers l’Amérique. Pour les marins, il vaut mieux connaître le port d’embarquement initial. Ensuite, les recherches se font selon le matricule des gens de mer (créé en 1666). Le SHD permet une recherche nominative dans certains cas. On pourra se rapprocher des fonds gérés par les ports de guerre ou aux Archives Départementales. D’autres sources sont disponibles selon les livres d’archives et culture. Il existe également les registres de passagers, obligatoires depuis 1820, quelques uns disponibles dès le XVIIème siècle et accessibles sur des sites de généalogie comme familysearch, ancestrys…ou les archives américaines Recherche d’arrivée | Statue de la Liberté & Fondation Ellis Island .

Les liens sont cités par date d’embarquement sur le site « Généalogie Pratique  » Accueil – Généalogie Pratique /

Listes d’immigrants aux États-Unis : les passagers d’Ellis Island

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