Les français en Amérique

Pour ce mois de juillet, je poursuis mes recherches sur les relations franco-américaines. Mon premier article était consacré aux 250 ans de l’indépendance américaine et au rôle joué par les Français Les Etats-Unis d’Amérique : 250 ans d’histoire . Cette semaine, je m’interroge sur les migrations françaises vers le continent américain et sur les moyens de retrouver la trace de ces ancêtres. Avons-nous un ancêtre parmi les français en Amérique ?

Les Migrations vers le continent américain

Les migrations françaises selon chatgpt

XVIe siècle : Les premiers explorateurs et pêcheurs

Dès le début du XVIᵉ siècle, des pêcheurs normands, bretons et basques fréquentent régulièrement les bancs de Terre-Neuve pour la pêche à la morue. Certains s’installent temporairement sur les côtes canadiennes. En 1534, Jacques Cartier prend possession du territoire du Canada au nom du roi de France. À partir de 1608, Samuel de Champlain fonde Québec et lance la colonisation permanente de la Nouvelle-France. Cette première migration reste limitée : quelques milliers de colons, principalement originaires de Normandie, du Perche, de l’Aunis, de la Saintonge, du Poitou et de la Bretagne.

La place Royale en 1688.
 Jean-Baptiste Franquelin, détail du cartouche de la Carte de l’Amérique Septentrionale […], Service historique de la Marine, Bibliothèque centrale de Vincennes, France, réf. vol. 4040 B (6 bis), copie Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Archives françaises, no 21.

En effet, entre 1608 et 1700, la monarchie encourage l’installation de familles françaises. Parmi ces français, figurent des engagés, ouvriers recrutés pour trois ans, les soldats du régiment de Carignan-Salières (1665), les célèbres Filles du Roi (1663-1673), près de 800 jeunes femmes envoyées pour favoriser le peuplement, des artisans, agriculteurs, commerçants et religieux. À la fin du XVIIᵉ siècle, la population française du Canada atteint environ 15 000 habitants.

Les filles du roi

Les filles du roy –
https://www.silverhawkauthor.com/post/filles-du-roi-kings-daughters-new-france?utm_source=chatgpt.com
Histoire des filles du roi selon chat gpt

Leur histoire et la liste complète des patronymes sur le site de
La Société – Société d’histoire des Filles du Roy)

XVIIe siècle : les Huguenots après 1685

Après la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685, de nombreux protestants français, appelés Huguenots, sont contraints de quitter la France pour fuir les persécutions religieuses. Une partie d’entre eux s’installe dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord, notamment à New York, en Pennsylvanie, en Caroline du Sud et en Virginie. Sur les 50 000 à 100 000 Huguenots ayant quitté la France, certains contribuent à la formation de communautés francophones durables, en particulier à New Rochelle, dans l’État de New York, et en Caroline du Sud.

L’histoire tragique de l’exil du peuple acadyen français – HubPages

Le grand dérangement

Les Cajuns (ou Cadjiens, de l’acadien « Cadien », déformation de « Acadien ») sont les descendants des Acadiens, colons français installés en Acadie (actuelles provinces maritimes du Canada : Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard) dès le XVIIe siècle. Leur histoire est marquée par une déportation massive entre 1755 et 1764, connue sous le nom de Grand Dérangement, lorsque les Britanniques, craignant leur neutralité lors de la guerre de Sept Ans, les expulsèrent de leurs terres. Environ 11 000 Acadiens furent dispersés vers les 13 colonies américaines, la France, l’Angleterre, ou les Antilles. Après des années d’errance, beaucoup s’installèrent en Louisiane, alors colonie espagnole, où ils furent accueillis par les autorités locales en raison de leur savoir-faire agricole. Au fil du temps, ils développèrent une culture distincte, mêlant traditions françaises, influences amérindiennes, africaines et espagnoles, et adoptèrent le terme « Cajun » pour se différencier des autres colons. Leur langue, le français cadien (ou cajun), un dialecte issu du français acadien du XVIIe siècle, et leur musique (accordéon, fiddle), leur cuisine (boudin, gumbo) et leur mode de vie (bayous, pêche, riziculture) en font une communauté unique en Amérique du Nord. Malgré des siècles de marginalisation et d’assimilation forcée, les Cajuns ont préservé leur identité, notamment grâce à un renouveau culturel au XXe siècle, symbolisé par des festivals comme le Festival Acadien de Lafayette (Louisiane) et une reconnaissance officielle de leur langue et de leur histoire.

1789-1817 : Révolution française et chute de Napoléon

La période allant de la Révolution française à la chute de Napoléon provoque une vague importante de départs vers les États-Unis. L’instabilité politique, les persécutions et les difficultés économiques poussent notamment des royalistes, des nobles et des intellectuels à fuir la France, en particulier durant la Terreur et les régimes postrévolutionnaires. Beaucoup se dirigent vers la Louisiane, La Nouvelle-Orléans et d’autres régions américaines.

1791-1815 : Les réfugiés de Saint-Domingue

La révolution haïtienne provoque l’arrivée de nombreux Français, créoles et réfugiés à La Nouvelle-Orléans, Charleston, Philadelphie, Baltimore et Cuba avant leur arrivée aux États-Unis. Cette migration influence fortement la culture de la Louisiane.

La révolution Haïtienne

La Révolution haïtienne (1791–1804) marque un tournant décisif dans l’histoire des Français aux Amériques, transformant radicalement le destin de la Saint-Domingue, alors joyau de l’empire colonial français. Colonisée au XVIIe siècle, cette île des Antilles, grâce à son économie de plantation basée sur le sucre, le café et le coton, était devenue la colonie la plus riche du monde, avec une population majoritairement composée d’esclaves africains. Les tensions sociales, exacerbées par les idéaux de la Révolution française de 1789 et les révoltes d’affranchis comme celle de Vincent Ogé en 1790, culminent en août 1791 avec la cérémonie du Bois-Caïman, un rituel vaudou qui scelle le soulèvement général des esclaves. Menés par des figures charismatiques comme Toussaint Louverture, un ancien esclave devenu stratège militaire, les rebelles infligent des défaites cuisantes aux armées françaises, britanniques et espagnoles, aboutissant à l’abolition de l’esclavage en 1793 par la Convention nationale. Malgré l’envoi d’une expédition punitive par Napoléon Bonaparte en 1802 pour rétablir l’ordre et l’esclavage, la résistance, désormais dirigée par Jean-Jacques Dessalines, triomphe à la bataille de Vertières (1803). Le 1er janvier 1804, Haïti proclame son indépendance, devenant ainsi la première république noire libre du monde et le deuxième État indépendant des Amériques. Cet événement, bien que souvent éclipsé dans les récits historiques occidentaux, eut des répercussions majeures : il sonna le glas de la présence française dans les Caraïbes, dévasta économiquement la métropole (Saint-Domingue produisait alors 40 % du sucre et 60 % du café mondiaux) et inspira les mouvements abolitionnistes à travers le continent, tout en forçant la France à reconsidérer son système colonial. Pour les Français des Amériques, cette révolution symbolisa à la fois l’échec d’un modèle économique basé sur l’esclavage et la naissance d’une nouvelle identité caribéenne, loin de l’influence européenne.

1840–1860 : Migration économique et ruée vers l’or

Entre les années 1840 et 1860, plusieurs facteurs économiques encouragent les Français à migrer vers les États-Unis. La crise économique en France, marquée par la paupérisation et les effets de la révolution industrielle, s’ajoute à l’attrait de la ruée vers l’or en Californie entre 1848 et 1855. Cette découverte attire environ 25 000 à 40 000 migrants français venus de régions variées, comme les Pyrénées, les Alpes ou l’Aveyron. Si la Californie devient une destination majeure, d’autres s’installent aussi à La Nouvelle-Orléans, à Saint-Louis, dans le bassin du Mississippi, à New York ou à Chicago. Beaucoup envisagent d’abord ce départ comme temporaire avant de faire venir leur famille, créant ainsi des chaînes migratoires.

1870–1914 : Industrialisation et exode rural

De 1870 à 1914, la migration française vers les États-Unis s’inscrit dans un contexte de bouleversements politiques et économiques. La défaite face à la Prusse en 1870 et la perte de l’Alsace-Lorraine entraînent le départ de nombreux Alsaciens et Mosellans. Parallèlement, les difficultés liées à l’industrialisation en France poussent certains travailleurs à chercher des emplois dans les usines américaines, notamment dans le textile et la métallurgie. Ils s’installent surtout en Nouvelle-Angleterre, dans des États comme le Massachusetts et le Rhode Island, mais aussi dans le Midwest, notamment à Chicago et Détroit, ainsi qu’en Californie. Cette vague représente plusieurs dizaines de milliers de personnes, avec un pic entre 1880 et 1910.

1840–1930 : Diaspora des Canadiens français

Entre 1840 et 1930, près d’un million de Canadiens français migrent vers les États-Unis, principalement en raison de la misère agricole au Québec et des possibilités offertes par l’industrialisation américaine. Les usines textiles de Nouvelle-Angleterre, notamment au Massachusetts, au New Hampshire et au Rhode Island, attirent une main-d’œuvre nombreuse. Après la guerre de Sécession, la pénurie de travailleurs aux États-Unis renforce encore ce mouvement. Une partie de cette diaspora s’installe également au Michigan.

Les Français s’installent également en amérique du Sud, en Argentine (Buenos Aires), Uruguay, Brésil et au Chili. Beaucoup deviennent commerçants, agriculteurs, artisans ou viticulteurs. Les Basques français sont particulièrement nombreux en Argentine et en Uruguay.

Les basques en Amérique

Les Basques commencent à s’installer en Amérique du Sud dès le XVIe siècle, dans le contexte de la conquête et de la colonisation espagnoles. Originaires notamment du Pays basque espagnol, certains participent à l’expansion de l’empire colonial comme conquistadors, administrateurs, missionnaires, soldats, marins ou commerçants. Ils sont attirés par les opportunités économiques offertes par les colonies, comme l’accès aux terres, à l’or, à l’argent et aux réseaux commerciaux de la couronne espagnole. La Compagnie Guipuzcoana de Caracas, fondée par des Basques au XVIIIe siècle, illustre cette influence, notamment au Venezuela. Les principales destinations de cette première période sont l’Argentine, le Paraguay, le Pérou, le Chili et le Mexique. Une seconde phase, beaucoup plus massive, se développe entre 1830 et 1930, avec une accélération après 1850. Plusieurs centaines de milliers de Basques quittent alors le Pays basque nord et sud pour l’Argentine, l’Uruguay, le Chili, le Mexique, la Colombie ou le Brésil. Cette émigration s’explique par la pression démographique, le manque de terres, la pauvreté rurale, les effets de l’exode rural et les crises politiques européennes, notamment les guerres carlistes et la guerre franco-prussienne. Les gouvernements sud-américains encouragent également l’arrivée d’Européens afin de peupler leurs territoires et de développer l’agriculture. Les réseaux familiaux et communautaires jouent un rôle décisif : de nombreux migrants rejoignent des parents ou des compatriotes déjà installés, attirés par les récits de réussite et par l’image d’un Eldorado américain. En Amérique du Sud, les Basques se distinguent surtout dans l’élevage, l’agriculture et le commerce, notamment dans la Pampa argentine et les plaines uruguayennes. Au XXe siècle, la migration se poursuit mais décline progressivement, avec quelques départs vers les États-Unis, en particulier vers la Californie, l’Idaho et le Nevada, où les Basques travaillent dans l’élevage. Aujourd’hui, la diaspora basque reste très importante en Amérique, particulièrement en Argentine, où elle compte plusieurs millions de descendants.

Naufrage du Léopoldine Rosa en 1872.

..Monsieur le Maire,
Vous avez appris l’épouvantable sinistre qui a plongé dans la désolation et le deuil un si grand nombre de familles de ce département. :je veux parler du naufrage de la Léopoldine-Rose, qui transportait à Montevidéo plus de 300 passagers, presque tous des Basses-Pyrénées,et qui à l’exception de 72,ont été engloutis dans les flots….

Extrait selon le site : Retours vers les Basses-Pyrénées: Naufrage de la Léopoldine-Rose en destination pour Montévidéo

Début du XXe siècle (1900–1920) : Migration en chaîne et première guerre mondiale

Au début du XXe siècle, entre 1900 et 1920, les migrations françaises reposent largement sur des réseaux déjà constitués. Les familles, amis ou connaissances installés aux États-Unis facilitent l’arrivée de nouveaux migrants, dans un contexte économique européen difficile. Les destinations privilégiées sont les grandes villes industrielles comme New York, Chicago et Détroit. À cette époque, les Français représentent environ 3 à 4 % des migrants européens aux États-Unis.

Maison des Américains – CAP CORSE – Maisons d’ Américains – Palazzi di l’americani – Cap Corse Capicorsu (Monuments)

L’immigration corse

Les maisons d’Américains : quand l’exil corse s’inscrit dans la pierre

Dans les villages du Cap Corse, certaines demeures attirent immédiatement le regard. Hautes, imposantes, parfois entourées de jardins aux essences exotiques, elles semblent raconter une histoire venue de loin. On les appelle les « maisons d’Américains », ou I Palazzi di l’Americani en corse. Elles sont le souvenir visible d’une grande vague d’émigration corse vers les Amériques, principalement entre le début du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

Partir pour survivre, puis réussir

Le Cap Corse a longtemps été une terre de marins, de capitaines et de commerçants, mais aussi une région pauvre en terres cultivables. Dès le XVIe siècle, ses habitants regardent vers la mer. Au XIXe siècle, les difficultés économiques, les crises agricoles et le manque de ressources poussent de nombreux Corses à tenter leur chance ailleurs. Les Amériques deviennent alors un horizon possible, un espace où l’on espère travailler, commercer et parfois faire fortune.

Les départs se font principalement vers Porto Rico, Cuba, le Venezuela, le Mexique, le Pérou, l’Argentine et, plus ponctuellement, vers les États-Unis. À l’époque, le mot « Amériques » désigne l’ensemble du continent américain : un Corse revenu de Cuba, de Porto Rico, de Caracas ou de Buenos Aires pouvait donc être surnommé « l’Américain », même s’il n’avait jamais vécu aux États-Unis.

Des fortunes bâties de l’autre côté de l’océan

Une fois installés outre-Atlantique, beaucoup de ces migrants se lancent dans le commerce international. Certains deviennent négociants en café, cacao ou sucre. D’autres sont armateurs, banquiers, commerçants, propriétaires de plantations ou d’entreprises locales. À Porto Rico et au Venezuela, la présence corse devient particulièrement influente au XIXe siècle, et quelques familles accumulent des fortunes considérables.

Le retour au village et la construction des palazzi

Lorsque ces Corses enrichis reviennent dans leur village natal, ils veulent à la fois afficher leur réussite et laisser une trace durable. Ils investissent dans leur communauté en finançant parfois des écoles, des églises, des routes ou des fontaines. Surtout, ils font construire de vastes demeures qui dominent encore aujourd’hui le paysage du Cap Corse.

Ces maisons se reconnaissent à leurs volumes imposants, à leurs façades symétriques, à leurs influences néoclassiques italiennes ou parfois coloniales, ainsi qu’à leurs balcons, escaliers monumentaux et jardins plantés de palmiers ou d’essences venues d’ailleurs. Certaines possèdent aussi une chapelle privée ou un mausolée familial, prolongeant dans la pierre le récit d’une ascension sociale.

Un patrimoine concentré dans le Cap Corse

La plupart de ces demeures se trouvent dans le Cap Corse, notamment à Rogliano, Luri, Centuri, Pino, Canari, Barrettali, Nonza, Sisco ou Ersa. On estime qu’il existe environ 140 grandes maisons d’Américains dans cette région, auxquelles s’ajoutent des chapelles et des tombeaux monumentaux.

Ces demeures sont ainsi comparables aux grandes maisons construites ailleurs en Europe par des migrants revenus enrichis d’Argentine, du Brésil ou du Mexique. Elles rappellent que l’histoire des familles ne se lit pas seulement dans les archives : elle s’observe aussi dans les paysages, les villages et les bâtiments laissés par ceux qui sont partis puis revenus.

Années 1920–1940 : Restrictions et ralentissement

Entre les années 1920 et 1940, l’immigration française vers les États-Unis ralentit nettement. Ce recul s’explique par les lois américaines de restriction de l’immigration, notamment les quotas instaurés à partir de 1921, ainsi que par la montée du protectionnisme et du chômage après la Première Guerre mondiale. Ces facteurs limitent fortement les possibilités d’installation pour les migrants venus de France.

Après 1945 : Migration moderne

Après 1945, la migration française vers les États-Unis prend une forme plus moderne et plus sélective. Même si l’Europe entre dans une phase de reconstruction économique, les États-Unis continuent d’attirer des profils qualifiés grâce aux opportunités professionnelles offertes dans la recherche, les entreprises et les emplois spécialisés. Cette mobilité, parfois associée à la « fuite des cerveaux », concerne davantage des parcours individuels que des départs massifs. Les migrants s’orientent surtout vers de grandes villes comme New York, Los Angeles et San Francisco.

L’immigration américaine et la Généalogie

Comment retrouver trace de nos oncles en Amérique ?

Les recherches généalogiques en France

Avant de chercher outre-Atlantique, il faudra exploitez les archives françaises pour identifier les noms et prénoms de l’ancêtre, ses dates de naissance, de mariage ou de décès, ainsi que son lieu d’origine précis, qu’il s’agisse d’un village, d’un département ou d’une région. Il est également utile de relever son métier, sa religion, son statut social et la période probable de départ, car ces éléments permettent de replacer la migration dans un contexte historique plus large, comme celui des Huguenots après 1685 ou de la ruée vers l’or au milieu du XIXe siècle.

  • Les archives départementales en ligne constituent un point de départ essentiel. Elles donnent accès aux actes d’état civil, aux tables décennales, aux recensements, aux registres paroissiaux et parfois aux actes notariés bien sûr. mais aussi, certains départements conservent des listes d’émigration, des registres de passagers ou des passeports intérieurs. Les recherches sont particulièrement pertinentes dans des régions comme la Charente-Maritime, la Vendée, la Bretagne, l’Alsace-Lorraine ou les Pyrénées-Atlantiques, selon la destination supposée de l’ancêtre.
  • Les Archives nationales, à Paris et à Pierrefitte, permettent d’approfondir les recherches grâce aux fonds consacrés aux colonies, à la Marine, à la justice et à la police. Ces collections peuvent contenir des dossiers d’émigrants vers la Louisiane, les Antilles ou la Guyane, des listes de passagers au départ de ports comme La Rochelle, Bordeaux, Le Havre ou Nantes, ainsi que des rôles d’équipage, des registres de navires, des passeports ou encore des dossiers de naturalisation.
  • Les bases de données généalogiques comme Geneanet, Filae ou FamilySearch permettent de consulter des arbres familiaux, des indexations d’actes et des collections numérisées. Les cercles généalogiques locaux sont également précieux, car ils connaissent les particularités régionales et publient parfois des répertoires d’émigrants, notamment pour les Acadiens ou les Huguenots.

Utilisez le contexte historique pour identifier le pays d’immigration et rechercher dans les archives du pays d’arrivée.

Les recherches généalogiques pour le continent américain

  • Aux États-Unis

Aux États-Unis, les registres de passagers constituent une source prioritaire pour repérer une arrivée par bateau. Ellis Island couvre principalement la période 1892-1954, tandis que Castle Garden concerne les arrivées à New York entre 1820 et 1892. Il faut aussi penser aux autres ports importants, comme La Nouvelle-Orléans, Baltimore, Boston, Philadelphie, San Francisco ou Galveston. Lors de ces recherches, il est important de tester plusieurs variantes du nom, car les patronymes français ont souvent été anglicisés ou mal transcrits.

Les recensements américains sont indispensables pour suivre un migrant après son arrivée. Le recensement fédéral, réalisé tous les dix ans de 1790 à 1950, permet souvent d’identifier le lieu de naissance, l’année d’immigration ou le statut de naturalisation. Certains États, comme le Massachusetts ou New York, disposent également de recensements propres qui peuvent aider à combler les lacunes entre deux recensements fédéraux.

Les dossiers de naturalisation peuvent fournir des informations très utiles, notamment la date d’arrivée, le lieu de naissance, l’adresse de résidence ou parfois des témoignages sur le parcours migratoire. Ils sont à rechercher auprès de l’USCIS Genealogy Program, de FamilySearch ou des Archives nationales américaines, selon l’État et la période concernés.

Les registres d’église, catholiques comme protestants, sont souvent déterminants pour confirmer l’origine française d’un ancêtre. Les Français catholiques apparaissent fréquemment dans les registres de paroisses francophones, notamment à La Nouvelle-Orléans, Saint-Louis ou Détroit. Pour les Huguenots, il faut plutôt consulter les registres des Églises réformées et les sociétés spécialisées, en particulier à New York, Charleston ou Philadelphie.

Les journaux et annuaires complètent utilement les sources administratives. Les journaux francophones, comme ceux de La Nouvelle-Orléans, de Nouvelle-Angleterre ou de San Francisco, peuvent contenir des annonces de mariage, de décès ou d’activités professionnelles. Les annuaires urbains indiquent quant à eux les adresses, les métiers et parfois les origines des personnes installées dans les villes américaines.

Les cimetières sont aussi une source à ne pas négliger. Des plateformes comme Find a Grave ou BillionGraves donnent accès à des photos de tombes et à des inscriptions funéraires, parfois rédigées en français ou accompagnées d’informations familiales utiles.

Enfin, les sociétés généalogiques américaines spécialisées peuvent orienter les recherches vers des collections locales difficiles à repérer autrement. Les associations franco-américaines, franco-canadiennes, louisianaises ou huguenotes disposent souvent d’index, de publications et de réseaux de chercheurs capables d’aider à identifier une famille migrante.

  • Au Canada

Au Canada, Bibliothèque et Archives Canada donne accès à des registres de passagers, à des recensements et à des fonds utiles pour l’étude de la Nouvelle-France. Les collections relatives aux Jésuites, aux notaires et à l’administration coloniale peuvent aider à retracer des familles établies au Québec, en Acadie ou dans d’autres territoires francophones.

Pour le Québec et l’ancienne Nouvelle-France, le PRDH est une ressource centrale, notamment pour les ancêtres établis avant 1800. Il permet de relier les actes de baptême, mariage et sépulture afin de reconstituer les familles. FamilySearch et les sociétés généalogiques québécoises complètent ces recherches grâce à leurs collections paroissiales et à leurs bases collaboratives.

Pour l’Acadie, il faut privilégier les ressources consacrées au Grand Dérangement et aux familles acadiennes dispersées. Le Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton et les bases spécialisées permettent d’identifier les familles déportées entre 1755 et 1764, dont certaines se sont ensuite installées en Louisiane et sont devenues les ancêtres des Cajuns.

À Haïti, ancienne colonie de Saint-Domingue, les recherches sont plus difficiles car les archives sont peu numérisées. Les registres paroissiaux de Port-au-Prince ou du Cap-Haïtien, les collections disponibles sur FamilySearch et certaines sociétés généalogiques haïtiennes peuvent toutefois fournir des pistes. Il faut aussi tenir compte du départ de nombreux colons français après 1791 vers la Louisiane, Cuba ou la France.

Au Brésil, les traces des colons français liés à la France antarctique sont rares. Les archives nationales brésiliennes et certains registres jésuites peuvent néanmoins mentionner des mariages mixtes ou des familles d’origine française. Les sociétés généalogiques brésiliennes peuvent également aider à orienter les recherches locales.

Quelques Outils en ligne spécialisés

SiteCouvertureLienGratuit/Payant
FamilySearchMonde (état civil, recensements, églises)https://www.familysearch.org/Gratuit
AncestryÉtats-Unis, Canada, Europehttps://www.ancestry.com/Payant (accès en bibliothèque)
GeneanetFrance, Québec, Acadiehttps://www.geneanet.org/Gratuit
MyHeritageMonde (arbres familiaux, ADN)https://www.myheritage.fr/Payant
Find My PastRoyaume-Uni, Irlande, États-Unishttps://www.findmypast.com/Payant
USGenWebÉtats-Unis (par État)https://www.usgenweb.org/Gratuit
Canadian GenWebCanada (par province)Canada GenWeb – Généalogie canadienneGratuit

Pour les migrations spécifiques, il est utile de consulter des ressources spécialisées selon le groupe étudié. Les sociétés huguenotes conservent des listes de réfugiés et des archives communautaires, tandis que les bases acadiennes et cajuns permettent de suivre les familles déplacées vers la Louisiane. Les documents relatifs à la Louisiane française et les associations franco-américaines de Nouvelle-Angleterre sont également précieux pour retrouver les Canadiens français et les familles francophones installées aux États-Unis.

Chronologies pour les huguenots (selon chatgpt) et plus d’informations sur le site : La SHPF – Société de l’Histoire du Protestantisme Français

Les migrations : un nouvel éclairage pour votre généalogie

L’actualité offre ainsi l’occasion d’aborder la généalogie sous un angle différent : celui des migrations, des départs et des liens tissés entre la France et le continent américain. Qu’il s’agisse de Huguenots, de Français partis vers les États-Unis, de Canadiens français, de Basques, de Corses ou d’autres familles francophones, chaque parcours rappelle que l’histoire familiale dépasse souvent les frontières. Nous voici donc prêts à suivre ces traces, à croiser les archives et à partir à la recherche de nos ancêtres d’Amérique. Bonnes recherches !

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📚 Sources documentaires et pour en savoir plus…

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