
La Marine
La marine : métiers, mémoire et héritage maritime
En 2026, la Marine nationale célébrera ses 400 ans. Cet anniversaire offre l’occasion de s’intéresser aux différentes « marines » : militaire, marchande, de pêche, fluviale, de plaisance ou encore artistique. Toutes témoignent d’un lien ancien entre les hommes, la mer, les fleuves et les métiers qui en sont issus. Certaines de ces activités ont pu être exercées par nos ancêtres ; d’autres nourrissent encore aujourd’hui l’imaginaire maritime, à travers les voiliers, les ports et les paysages du littoral.
Aux origines des métiers de la mer
Les marins : l’équipage au cœur de la navigation

Figure centrale de l’histoire navale française, le marin désignait d’abord l’homme d’équipage embarqué sur un navire. Dans la marine à voile, le matelot — littéralement associé à « l’homme du mât » — participait aux manœuvres, à l’entretien du gréement, des voiles, des mâts et des vergues. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les gabiers, spécialistes des voiles, étaient particulièrement recherchés. À bord, la hiérarchie distinguait les officiers, souvent issus de la noblesse, des équipages composés de matelots, de novices et d’apprentis. Les tâches se répartissaient entre la manœuvre, l’artillerie, la charpenterie ou encore la médecine navale. Ces métiers, souvent appris par la pratique, exigeaient polyvalence, endurance et capacité d’adaptation face à des conditions de vie difficiles.
Les mariniers : les professionnels des voies d’eau

À la différence des marins de mer, les mariniers — ou bateliers — travaillaient sur les fleuves, les rivières et les canaux. Ils assuraient le transport des marchandises, des personnes et des matériaux à bord de gabares, péniches ou chalandes, adaptés à la navigation intérieure. Leur savoir-faire reposait sur une connaissance fine des courants, des écluses, des ports fluviaux et des contraintes locales. Au XIXe siècle, l’essor industriel et le développement des canaux ont renforcé leur rôle économique, tout en maintenant des conditions de travail souvent rudes. Les archives départementales, les registres de navigation, les contrats de transport et les recensements riverains permettent aujourd’hui d’en retrouver la trace.
Les grandes familles de la marine française

La Marine nationale : quatre siècles d’histoire
En 2026, la Marine nationale fêtera son quatrième centenaire, en référence à l’édit de Saint-Germain-en-Laye signé en octobre 1626 par le cardinal de Richelieu. Cet acte fonde une Marine d’État permanente, unifiée et organisée, placée sous un commandement unique. Il répond à un enjeu stratégique majeur : doter la France d’une puissance navale capable de défendre ses intérêts, de protéger le commerce maritime et de rivaliser avec les grandes nations européennes. La création de la charge de « grand maître, chef et surintendant général de la navigation et du commerce de France » marque ainsi la volonté de structurer durablement l’ambition maritime du royaume.

La marine de commerce : transporter et relier les territoires
La marine marchande française a fortement contribué au développement économique du pays. Dès le XVIIe siècle, les compagnies commerciales, comme celles des Indes orientales et occidentales, participent à l’essor du commerce maritime sous l’impulsion de l’État et d’armateurs privés. Capitaines, lieutenants, pilotes, charpentiers de marine, calfats, tonneliers, mousses et apprentis formaient des équipages aux compétences variées. Au XIXe siècle, la révolution industrielle transforme la navigation avec la vapeur, puis le moteur, sans faire disparaître l’héritage de la voile. Les archives portuaires de Bordeaux, Nantes ou Le Havre conservent de nombreux documents sur les équipages, les cargaisons et les voyages, précieux pour retracer le parcours d’un ancêtre marin.

Le transport de personnes est l’une des activités des ports. 32 millions de passagers transitent chaque année par les ports français, dont 9 millions uniquement pour le traffic transmanche, via le port de Calais principalement. Par ailleurs, le nombre de croisiéristes est en pleine expansion : près de 70 % en 10 ans entre 2004 et 2014. MARSEILLE se place comme le premier port de croisière de France.

La marine de pêche : entre grande pêche et pêche côtière
La pêche maritime française plonge ses racines dans le Moyen Âge, mais prend une ampleur particulière à partir du XVIIe siècle avec les expéditions vers Terre-Neuve. Normands, Bretons, Rochelais et Basques participent à cette « grande pêche », notamment centrée sur la morue. Cette activité exigeait des équipages expérimentés et des navires capables de longues traversées. Au XIXe siècle, la pêche se recentre progressivement sur la Manche et l’Atlantique, tandis que la pêche côtière continue d’approvisionner les populations locales. Des petites barques aux chalutiers à vapeur, puis aux navires modernes, les techniques évoluent sans effacer la mémoire des terre-neuvas. Archives des affaires maritimes, prud’homies de pêche et registres portuaires permettent encore aujourd’hui de suivre le parcours de familles entières liées à ce métier.

Voiles, images et mémoire maritime
La marine de plaisance et le métier de voilier
Le voilier, ou maître voilier, occupait une place essentielle dans la marine à voile. Spécialiste de la fabrication, de la réparation et de l’entretien des voiles, il contribuait directement à la performance des navires. Son travail, réalisé à bord ou dans les arsenaux, nécessitait une grande précision : choix des toiles de lin ou de chanvre, couture, pose des renforts et réparations en mer. Reconnu officiellement parmi les « gens de mer » par les ordonnances royales de la fin du XVIIe siècle, ce métier rappelle combien la maîtrise de la voile fut longtemps au cœur de la navigation. Il fait aussi le lien avec la plaisance actuelle, où les voiliers continuent d’incarner un art de naviguer associé à la liberté et au paysage maritime.

Lumys – Belem
Les peintres de la Marine : représenter la mer et les ports
La tradition des peintres de la Marine remonte au XVIIIe siècle. Joseph Vernet, nommé « peintre des marines du roi » par Louis XV, illustre cette reconnaissance avec sa série des Ports de France. En 1830, le titre de « peintre officiel de la Marine » est créé sous la Monarchie de Juillet, avec Louis-Philippe Crépin et Théodore Gudin. Ces artistes avaient pour mission de représenter les navires, les ports, les batailles et les scènes de vie maritime. Aujourd’hui encore, ce titre distingue des peintres, sculpteurs, illustrateurs ou photographes qui consacrent leur œuvre à la mer et à la Marine nationale.

Par Ambroise Louis Garneray — Photo: © Teddy SeguinSource: http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0577/m021400_009601_1.jpg (Joconde), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=167194
Plaquette du musée : Musée national de la Marine de Paris
La photographie maritime : conserver les traces visuelles
À partir du milieu du XIXe siècle, la photographie maritime complète le regard des peintres. Elle documente les navires, les ports, les équipages, les opérations navales et la vie quotidienne à bord. Au XXe siècle, la Marine nationale reconnaît ce rôle mémoriel en intégrant des photographes parmi ses artistes officiels. Le Service historique de la Défense conserve aujourd’hui un vaste fonds iconographique, composé notamment de plaques de verre, de tirages argentiques et de cartes postales. Ces images sont des ressources précieuses pour les chercheurs, les généalogistes et tous ceux qui souhaitent illustrer une histoire familiale liée à la mer.

Retrouver la trace d’un ancêtre marin
Pour retracer le parcours d’un ancêtre lié à la marine, plusieurs fonds d’archives peuvent être consultés. Le Service historique de la Défense constitue la principale porte d’entrée pour les archives militaires, avec des sites spécialisés à Vincennes, Brest, Lorient, Cherbourg, Toulon et Rochefort. On y trouve des dossiers individuels, des registres matricules, des journaux de navigation et des documents administratifs d’arsenaux. Pour les marins de commerce, les pêcheurs ou les mariniers fluviaux, les Archives départementales offrent également des ressources utiles : registres matricules, recensements, documents portuaires ou contrats de transport. Enfin, la base « Mémoire des hommes » permet d’accéder en ligne à de nombreuses fiches individuelles de militaires, dont celles de marins.

Conclusion
À travers ces différentes marines se dessine une histoire à la fois nationale, économique, familiale et artistique. Marins, mariniers, pêcheurs, commerçants, voiliers, peintres ou photographes ont chacun contribué à façonner la mémoire maritime française. Le 400e anniversaire de la Marine nationale offre ainsi l’occasion de relier la grande histoire aux parcours individuels, et de mieux comprendre la place durable de la mer dans notre patrimoine.
La marine et la généalogie
A travers cet article, j’ai réussi à relier mes passions : la mer et la généalogie. Je peux aussi marcher dans les pas de mes ancêtres normands et dunkerquois dont certains était marins ou ouvrier de port. Je retrouve également le métier de marinier, exercé par la famille de mon oncle et déjà évoqué dans mes articles sur la famille HERBAUT (FAMILLE HERBAUT). Les différentes sources citées peuvent vous aiguiller dans vos recherches mais aussi vous fournir de la documentation afin d’illustrer et documenter votre généalogie.
En 2021, 908 personnes ont été recensées dans des bateaux pratiquant la navigation fluviale et utilisés à titre professionnel. En 2016, 1 130 personnes avaient été recensées. source : Artisans bateliers : qui sont-ils ? – E2F – Entreprises fluviales de France

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📚 Sources documentaires et pour en savoir plus…
- Mes outils au quotidien : Wikipédia, Vibe (ex Mistral le Chat) et chatgpt
- ANMAM – S’unir pour mieux agir
- Ministère des Armées, « 400 ans de la Marine nationale », www.defense.gouv.fr/marine/400-ans-marine/400-ans-marine-nationale
- Service historique de la Défense, www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
- Ministère des Armées, « Peintres de Marine », www.defense.gouv.fr/marine/notre-patrimoine/peintres-marine
- Histoire et Généalogie, « La pêche au XVIIIe siècle en Manche et en Atlantique », www.histoire-genealogie.com/La-peche-au-XVIIIo-siecle-en
- GIS Histoire Maritime, publications de Gérard Le Bouëdec, www.histoire-maritime.org
- Les ports maritimes de France
- Le porte-conteneurs Bougainville, le plus grand navire de la compagnie française CMA-CGM, inauguré
- Océanothèque Ifremer
- Accueil – Fondation Belem
- Musée national de la Marine de Paris
- Artisans bateliers : qui sont-ils ? – E2F – Entreprises fluviales de France

