
Pour le 1er mai, j’ai publié un article sur le travail la fête du travail chez mes ancêtres et pour le 8 mai, un article sur la libération qui mettait fin à la guerre 39-45 le 8 mai chez mes ancêtres.
Aujourd’hui, je publie un article qui relie ces deux thèmes : le travail et la guerre, soit sur le STO. Si ce thème m’intéresse, c’est que j’ai découvert dans ma généalogie un ancêtre décédé dans un camp en 1942. J’ai reçu cette semaine son dossier suite à ma demande de Mars auprès du SHD. (Service Historique de la Défense). Je les en remercie.
Service Historique de la Défense | Ministère des Armées
Qu’est-ce que le Service du Travail Obligatoire (STO) ?
Le STO a été instauré officiellement par la loi du 4 septembre 1942, mais des réquisitions de main-d’œuvre pour l’Allemagne existaient déjà depuis 1940, notamment dans le cadre de la « Relève ». Ce dispositif visait à répondre aux besoins croissants de l’économie de guerre nazie, confrontée à une grave pénurie de travailleurs, en particulier après l’invasion de l’URSS en 1941. Dès 1942, les hommes français de 18 à 50 ans pouvaient être réquisitionnés, puis le système a été étendu aux femmes en 1943. Les chômeurs étaient d’abord visés, suivis des célibataires, puis des pères de famille, avec quelques exemptions, notamment pour les pères de trois enfants ou plus et pour les salariés employés dans des secteurs jugés stratégiques.

Comment fonctionnait le STO ?
Avant l’instauration officielle du STO, la « Relève », lancée en juin 1942, reposait sur un principe d’échange : la libération d’un prisonnier de guerre français pour chaque ouvrier volontaire envoyé travailler en Allemagne. Ce dispositif ayant attiré bien moins de volontaires qu’espéré — environ 10 000 au lieu des 150 000 attendus — l’Allemagne imposa ensuite des réquisitions obligatoires à partir de septembre 1942.

Pierre LAVAL 1883-1945, initiateur de « la relève« .
Pierre Laval, né en 1883 à Châteldon, a marqué la vie politique française par une carrière longue et controversée. Avocat de formation, il entre en politique sous l’étiquette socialiste avant d’évoluer vers des positions plus modérées, puis conservatrices, devenant député à plusieurs reprises entre 1914 et 1940. Ministre à plusieurs occasions dans les années 1920 et 1930, il occupe notamment le poste de président du Conseil à quatre reprises sous la Troisième République, où il se distingue par son pacifisme et son rôle dans les accords Hoare-Laval en 1935, tentant de régler la crise italo-éthiopienne. Après la défaite de 1940, il rejoint le régime de Vichy comme vice-président du Conseil sous Pétain, avant d’être écarté en octobre 1940 pour ses positions trop pro-allemandes. Rappelé au pouvoir en avril 1942, il devient chef du gouvernement et incarne une collaboration active avec l’Allemagne nazie, mettant en place la Relève en 1942, puis le STO en 1943, tout en participant à la répression des Juifs, notamment lors de la rafle du Vél’ d’Hiv’. Après la Libération, il fuit en Allemagne, puis en Espagne, avant d’être extradé, jugé pour haute trahison et exécuté en octobre 1945, laissant l’image d’un homme politique dont le nom reste indissociable de la collaboration avec l’occupant nazi.
Image : Par Agence de presse Meurisse — Cette image provient de la bibliothèque en ligne Gallica sous l’identifiant ARK btv1b90479651/f1, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27953566
Dès lors, les réquisitions se multiplient. Avec l’appui du régime de Vichy, les autorités allemandes organisent arrestations et contrôles dans les rues, les gares et les lieux de travail pour mobiliser des hommes jugés aptes. Les requis sont ensuite envoyés en Allemagne par train, souvent dans des conditions très pénibles, marquées par le manque de nourriture et l’inconfort du voyage. Officiellement prévus pour six à douze mois, ces départs se prolongent en réalité souvent jusqu’à la fin de la guerre, en 1945.
Les conditions de travail et de vie sont particulièrement éprouvantes : journées de 10 à 12 heures, six à sept jours par semaine, dans les usines, les mines ou sur les chantiers, notamment dans l’armement, la construction de routes ou le déblaiement après les bombardements. Les travailleurs sont logés dans des camps, des baraquements ou des casernes soumis à une discipline stricte. L’alimentation, insuffisante — autour de 1 500 calories par jour — favorise la malnutrition et les maladies. À cela s’ajoute une rémunération très faible, dont une partie reste bloquée en Allemagne.
Les exemptions restent rares :
- L’inaptitude physique pouvait être invoquée, mais les certificats médicaux étaient souvent contestés par les autorités allemandes.
- Des motifs familiaux pouvaient aussi être retenus, notamment pour les pères de trois enfants ou plus à partir de 1943, ou pour ceux considérés comme soutiens indispensables de leur famille.
- Certaines activités professionnelles jugées utiles à l’occupant pouvaient également justifier une exemption, par exemple dans les mines françaises ou dans des usines travaillant pour l’économie de guerre allemande.
Le STO en Conclusion
Entre 600 000 et 650 000 Français sont partis en Allemagne dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (STO) entre juin 1942 et juillet 1944. Selon les archives, environ 100 000 ne sont pas revenus d’une permission, 19 000 se sont évadés, et environ 30 000 sont décédés pendant leur réquisition. On peut donc estimer que environ 550 000 à 580 000 Français sont revenus après leur départ pour le STO.
Les requis du STO ont été étudiés relativement récemment par rapport aux autres victimes de la seconde guerre mondiale. La dénomination officielle de « déportés du travail » ne leur sera pas accordée à la Libération en raison des conditions de départ pouvant être différentes : volontaire ? Dans le cadre de la relève ? Requis ? La « concurrence » mémorielle des autres victimes civiles déportées n’a pas simplifié les actions de revendications par la suite. Il faudra attendre un décret du 16 octobre 2008 pour obtenir une reconnaissance officielle, celle de « victimes du travail forcé en Allemagne nazie ».
Les sources sur le Service du travail obligatoire (STO) aux Archives nationales du monde du travail
Mon grand-oncle n’a pas obtenu cette reconnaissance, parti trop tôt sans doute.
Le STO et ma généalogie
En faisant ma généalogie, j’avais remarqué qu’un grand oncle était décédé à Burg en 1942, sans que mon logiciel soit capable de situer exactement ce lieu. Aussi, en 2026, j’ai effectué de plus amples recherches sur ce terme « Burg » pour apprendre que ce mot pouvait désigné un chateau, un camps plutôt qu’une ville. J’ai orienté mes recherches plutôt vers les camps de soldats et le service du Travail Obligatoire. J’ai demandé son dossier auprès du Service Historique de la Défense (SHD). Ce dossier raconte une partie de l’histoire de mon grand-oncle, Ernest Verlinde. Son histoire, comme celle de milliers de Français, est celle d’un travailleur forcé du Service du Travail Obligatoire (STO), envoyé en Allemagne nazie en 1942. Grâce à son dossier militaire, j’ai pu retracer son parcours, de son départ de France à son décès à Burg, en passant par le camp de Gusen. Cet article est un hommage à sa mémoire et ses semblables.

Ci-dessous, livret réalisé avec le dossier SHD et mes commentaires

Service Historique de la Défense | Ministère des Armées

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📚 Sources documentaires et pour en savoir plus…
Mes outils au quotidien : Wikipédia, Mistral le chat et chat gpt.
Les sources sur le Service du travail obligatoire (STO) aux Archives nationales du monde du travail
Mémoire juive — Mémoire Juive & éducation
Quels organismes contacter pour retrouver la trace d’un STO ? – ANMTF

