
Les débarquements en France
Pour cet été, je poursuis mes projets de voyage en m’inspirant de l’actualité, tout en gardant à l’esprit l’époque de mes ancêtres. Le 6 juin, ce sera les commémorations du Débarquement en Normandie, un sujet que j’avais déjà abordé dans un article publié en 2024 ( La généalogie et le débarquement en Normandie). Je me suis intéressée aux deux autres débarquements et notamment aux moyens de transport utilisés à cette époque.
L’opération Dynamo à Dunkerque du 26 mai – 4 juin 1940
La bataille de Dunkerque en mai-juin 1940 est surtout connue pour l’opération Dynamo, l’évacuation héroïque de 338 000 soldats alliés (dont 120 000 Français) vers l’Angleterre sous les bombardements allemands. Ce repli, bien que symbolisant une défaite, a permis de sauver des vies et de préparer la résistance future. Dunkerque a été libérée en 1944-1945 après de violents combats, notamment lors de la bataille de Dunkerque (septembre 1944 – mai 1945). Le musée maritime (https://www.museemaritimeportuaire.com/) et le Musée Dunkerque 1940 conservent des archives et des objets sur l’évacuation et la vie quotidienne sous l’Occupation. Si un ancêtre était soldat, marin ou civil à Dunkerque, les archives militaires (ex : Service Historique de la Défense) ou les associations locales sont des ressources précieuses. Un circuit mémoriel peut inclure le port de Dunkerque, les plages de Malo-les-Bains, ou le Fort des Dunes à Leffrinckoucke.


Le Débarquement en Normandie du 6 juin 1944
Nom de code Opération OVELORD. Le 6 juin 1944, connu sous le nom de Jour J, marque le début de la libération de l’Europe avec le débarquement allié en Normandie, la plus grande opération amphibie de l’histoire. Plus de 156 000 soldats (américains, britanniques, canadiens, français libres et autres) ont débarqué sur cinq plages emblématiques : Utah Beach, Omaha Beach, Gold Beach, Juno Beach et Sword Beach, sous le feu ennemi. Les parachutages dans la nuit du 5 au 6 juin comme à Sainte-Mère-Église et les combats pour libérer des villes comme Caen ou Bayeux ont été déterminants. Pour les généalogistes, cette période est riche en archives : registres militaires ( Service Historique de la Défense à Vincennes), témoignages locaux ou cimetières militaires, le plus connu étant le Cimetière américain de Colleville-sur-Mer. Un voyage sur place permet de visiter les plages, les bunkers du Mur de l’Atlantique, ou le Pointe du Hoc, tout en consultant les livres d’or des communes pour y trouver des traces de soldats ou de civils.

Le Débarquement de Provence du 15 août 1944
Le 15 août 1944, les Alliés lancent l’opération Dragoon, un débarquement dans le Sud de la France pour ouvrir un second front et accélérer la libération. Plus de 450 000 soldats de ,américains, français, africains et antillais débarquent entre Cavalaire-sur-Mer et Saint-Raphaël, avec des parachutages dans l’arrière-pays. Les combats pour libérer Toulon et Marseille (20-28 août 1944) ont été intenses, avec une participation active de la Résistance locale. Le Mémorial du Débarquement de Provence à Montauroux et le Musée du Débarquement de Saint-Tropez offrent des ressources pour comprendre cette période. Si un ancêtre a combattu dans le Sud, les registres militaires comme celui du 1er Régiment de Fusiliers Marins ou de la 9e Division d’Infanterie Coloniale peuvent contenir des informations. Un voyage mémoriel peut inclure les plages du Débarquement (ex : Plage de la Nartelle), le Cimetière militaire de Boulouris (Saint-Raphaël), ou les monuments aux morts des communes libérées.

© MINARM/SGA/DPMA/Joëlle Rosello
Ci-dessous, la plaquette pour visiter le Mémorial du débarquement et de la libération en Provence – Mont Faron | Chemins de mémoire

Les modes de transports utilisés
À pied : L’infanterie, cœur des combats

L’infanterie à pied est restée l’épine dorsale des armées alliées, malgré la motorisation croissante. En Normandie, les soldats ont dû avancer dans le bocage, un paysage de haies et de chemins étroits qui ralentissait leur progression et les exposait aux embuscades allemandes. Dans les Vosges ou en Alsace, les combats en forêt, comme lors de la Poche de Colmar ou de la libération de Strasbourg en novembre 1944, ont souvent forcé les troupes à progresser à pied, avec un équipement lourd, fusils et sacs de 20-30 kg et dans des conditions difficiles. Même lors de la libération de villes comme Brest en septembre 1944 ou Dunkerque en mai 1945, l’infanterie a joué un rôle clé pour nettoyer les zones urbaines après les percées des blindés. Pour retracer le parcours d’un ancêtre fantassin, les journaux de marche des régiments (disponibles aux Archives nationales ou au Service Historique de la Défense) ou les archives communales des villes libérées peuvent révéler des détails sur les combats et les mouvements de troupes.
Véhicules motorisés : La révolution de la mobilité

Les véhicules motorisés ont transformé la guerre en permettant des déplacements rapides et un ravitaillement efficace. Les camions GMC CCKW (surnommés « Deuce and a Half ») transportaient troupes et matériel, tandis que les jeeps Willy’s MB servaient à la reconnaissance, au transport léger ou à l’évacuation des blessés. Les blindés, comme le char M4 Sherman ou le Churchill britannique, ont été déterminants pour percer les lignes allemandes, notamment lors de la bataille de Caen ou de la libération de la vallée du Rhône. Les half-tracks (semi-chenillés) et les motocyclettes (Harley-Davidson ou BSA) complétaient ces dispositifs. Un exemple marquant est le « Red Ball Express », un convoi logistique qui, à partir d’août 1944, acheminait 12 000 tonnes de matériel par jour depuis les plages de Normandie vers le front. Pour un voyage mémoriel, les musées des blindés (comme celui de Saumur) ou les circuits des routes de la Libération comme la Route du Débarquement en Normandie, permettent de visualiser l’ampleur de cette motorisation.
Trains : Le transport de masse et la logistique

Les chemins de fer ont joué un rôle vital pour acheminer troupes et matériel après les débarquements. Malgré les sabotages systématiques des Allemands (ponts détruits, voies arrachées), les Alliés ont réparé les lignes en priorité pour soutenir leur avancée. Par exemple, la ligne Paris-Caen a été rétablie en août 1944 pour ravitailler le front, tandis que le réseau ferroviaire provençal a permis aux troupes de remonter vers Lyon après le Débarquement de Provence du 15 août 1944. Les trains transportaient aussi des divisions entières, comme la 2e Division Blindée française du général Leclerc, qui a rejoint Paris en août 1944 par rail. Les gares de Cherbourg, ville libérée le 26 juin 1944 et d’Anvers, libérée en septembre 1944 sont devenues des hubs logistiques majeurs. Pour les généalogistes, les archives des compagnies ferroviaires ou les musées du rail, comme le Musée des Chemins de fer à Mulhouse, conservent des documents sur ces transports stratégiques.
Bateaux et navires : Les débarquements et la logistique maritime

Les opérations amphibies ont été déterminantes pour la Libération de la France. Le 6 juin 1944, plus de 5 000 navires (cuirassés, croiseurs, barges de débarquement) ont participé à l’Opération Overlord en Normandie. Les Landing Craft (LCVP) déversaient les soldats sur les cinq plages (Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword), tandis que les LST (Landing Ship Tank) débarquaient directement des chars. Pour contourner l’absence de ports intacts, les Alliés ont même construit un port artificiel Mulberry à Arromanches, visible aujourd’hui. En Provence, le 15 août 1944, une flotte similaire a débarqué entre Cavalaire-sur-Mer et Saint-Raphaël (Opération Dragoon). Après les débarquements, les convois maritimes ont continué à ravitailler les troupes en munitions, carburant et vivres depuis l’Angleterre. Pour un voyage mémoriel, les plages du Débarquement, le Musée d’Arromanches ou le Mémorial de Montauroux offrent un aperçu de cette épopée maritime.
Chevaux : Un rôle marginal mais persistant
Bien que leur usage ait fortement diminué par rapport à 1914-1918, les chevaux ont encore joué un rôle localisé pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans les zones montagneuses comme les Vosges ou les Alpes, où les véhicules motorisés peinaient à avancer, les chevaux étaient utilisés pour transporter du matériel ou des canons légers. La cavalerie polonaise (1er Régiment de Chevau-légers) a ainsi combattu en Normandie en août 1944 et dans les Vosges. De même, certains maquis comme ceux du Vercors ou du Limousin ont eu recours à des chevaux pour des déplacements discrets. Pour les recherches généalogiques, les archives des régiments de cavalerie ou les témoignages locaux (ex : musées de la Résistance) peuvent révéler des traces de ces unités méconnues.


Les soldats cyclistes
En Belgique, l’infanterie à pied a joué un rôle crucial lors de deux phases clés : la défense de 1940 et la libération de 1944-1945. En mai 1940, les soldats belges, dont les cyclistes-frontières et les Chasseurs ardennais, ont dû reculer à pied face à l’invasion allemande, souvent dans des conditions chaotiques.
Pour retracer le parcours d’un ancêtre, les Archives générales du Royaume à Bruxelles ou les musées locaux (comme le Musée Royal de l’Armée) conservent des documents sur ces unités.
lLes Cyclistes-Frontière – 10 mai 1940, premiers à faire face – – FREEBELGIANS.BE
Les débarquements en France et votre généalogie
Les ressources sur la Seconde Guerre mondiale sont nombreuses et constituent de précieuses sources pour vos recherches généalogiques. En choisissant d’explorer ces trois débarquements, je recentre mes recherches sur un thème précis, lié aux lieux et aux dates qui concernent certains de mes ancêtres. Les modes de transport offrent aussi un angle d’approche intéressant, que j’utiliserais prochainement pour étudier les déplacements de mes aïeux. Enfin, dans cet article, en lien avec le précédent billet Portes ouvertes sur… Les offices de tourisme, j’ai trouvé des pistes pour préparer un circuit de mémoire autour de mes ancêtres.

Avez-vous des ancêtres qui ont participé ou vécu l’un de ces débarquements ?
N’hésitez pas à commenter ou partager vos expériences….
📚 Sources documentaires et pour en savoir plus…
- Mes outils au quotidien : Wikipédia, Vibe (ex Mistral le Chat) et chatgpt
- Normandie Tourisme – Week-end et Vacances en Normandie
- 15 août 1944. Le débarquement de Provence | Chemins de mémoire
- Musée Dunkerque 1940
- Musée maritime et portuaire de Dunkerque – Découvrez l’histoire du port et explorez des navires emblématiques
- Service Historique de la Défense | Ministère des Armées
- Témoignages des As de la guerre 1939 – 1945 | Service historique de la Défense
- Le Cimetière américain – Colleville-sur-mer | Omaha Beach | Plages du débarquement
- Mémorial du débarquement et de la libération en Provence – Mont Faron | Chemins de mémoire
- 25 sites du débarquement à visiter en Normandie
- Musée des Blindes – Musée des Blindés
- Cité du Train – Plus Grand Musée Ferroviaire d’Europe à Mulhouse | Patrimoine SNCF, Histoire des Trains et Evenements
- Musée de la Résistance nationale – Champigny-sur-Marne
- Page Facebook de la Société Dunkerquoise d’Histoire et d’Archéologie Facebook




