Les ANOM

Je termine le mois de juillet en restant toujours dans mon thème mensuel : les Français en Amérique. Après mes précédents articles sur les territoires d’outre-mer, (Les français en Amérique) pour ma rubrique « PORTES OUVERTES SUR… », je m’intéresse aux recherches généalogiques pour nos ancêtres issus d’un département ou territoire d’outre-mer. Fidèle à ma thématique, je présente principalement les informations concernant le continent américain. Poussons la porte des ANOM pour découvrir leurs ressources particulièrement utiles à nos recherches historiques ou généalogiques.

L’entrée du bâtiment du site. source : ANOM

Présentation des ANOM

Les Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM), situées à Aix-en-Provence, sont un service à compétence nationale rattaché au ministère de la Culture, au sein de la Direction générale des patrimoines et de l’architecture. Leur mission principale consiste à conserver les archives des anciennes colonies et des territoires français d’outre-mer, couvrant notamment l’Afrique, l’Asie, les Amériques et l’Océanie. Elles ont également pour vocation de rendre ces fonds accessibles à tous les publics, qu’il s’agisse de chercheurs, de généalogistes ou de citoyens, tout en valorisant l’histoire coloniale et postcoloniale française à travers des expositions, des colloques et des publications.

Le bâtiment des ANOM. source : ANOM

Histoire des ANOM

L’histoire des Archives nationales d’Outre-Mer s’inscrit dans le contexte de la décolonisation. En 1966, la France choisit Aix-en-Provence pour accueillir les archives des anciennes colonies, un choix motivé par la proximité de Marseille, longtemps considérée comme une « porte de l’Orient » et un carrefour majeur de l’histoire coloniale, ainsi que par la présence d’une chaire d’histoire coloniale à l’université d’Aix-Marseille. Le climat sec de la région, favorable à la conservation des documents, constitue également un atout important. En 1987, le Centre des archives d’outre-mer devient officiellement les Archives nationales d’outre-mer, marquant une étape dans la reconnaissance de son rôle patrimonial. Entre 1995 et 1996, l’institution connaît une nouvelle évolution avec l’ouverture progressive de ses ressources au public et le développement de ses outils de recherche. Enfin, en 2007, les ANOM sont rattachées à la Direction générale des patrimoines, confirmant leur place au sein du réseau national des archives et leur mission de conservation, de communication et de valorisation des fonds liés à l’histoire coloniale et ultramarine française.

Les fonds conservés aux ANOM

Les fonds conservés occupent 37 kilomètres linéaires de documents, sur une capacité totale de 42 kilomètres. Ils proviennent principalement du ministère de l’outre-mer et de ses services déconcentrés, des administrations coloniales — gouverneurs, intendance, justice, police — ainsi que de dons, dépôts ou acquisitions issus d’archives privées, de familles ou d’associations.

Les types de documents que nous pouvons consulter sont

  • L’État civil (registres paroissiaux et actes d’état civil des colonies, dont Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon, Antilles, Afrique, Indochine, Algérie, etc.).
  • Les Archives judiciaires : Dossiers de bagnards (Guyane, Nouvelle-Calédonie), registres matricules, jugements.
  • Les Archives administratives : Correspondances, rapports, décrets, recensements.
  • Les Archives militaires : Dossiers des soldats et officiers ayant servi outre-mer (à croiser avec le Service historique de la Défense).
  • Les Archives économiques : Contrats de travail, engagisme, commerce colonial.
  • Les Archives culturelles : Cartes, plans, photographies, presse locale (ex. : Journal officiel des colonies).
  • Les Fonds thématiques :  Esclavage et affranchissements (registres des esclaves, actes d’émancipation), Déportations et bagnes (dossiers individuels des condamnés), Migrations (travailleurs engagés, Acadiens, etc.).
détail du bâtiment – source : ANOM

Les services proposés aux ANOM

  • En ligne

Les ANOM proposent plusieurs outils utiles aux recherches historiques et généalogiques. La base de données des bagnards permet notamment de consulter les registres matricules des condamnés envoyés en Guyane et en Nouvelle-Calédonie entre 1852 et 1953, ainsi que des dossiers individuels comprenant des extraits de jugement, des mentions de punitions, des procès-verbaux d’évasion ou de décès. Cette recherche concerne principalement les personnes écrouées avant 1890, tandis que les dossiers complets, y compris les plus récents, restent consultables sur place ou sur demande. Les ANOM donnent également accès à des registres d’état civil et paroissiaux, notamment pour Saint-Pierre-et-Miquelon de 1763 à 1907, ainsi qu’à de nombreux documents numérisés concernant la Guyane, les Antilles, l’Afrique ou l’Indochine. Ces recherches s’effectuent depuis le portail des ANOM, par territoire, période ou type de document. Enfin, les catalogues en ligne permettent d’explorer les fonds par pays, période ou thème, comme la Guyane, le bagne ou l’esclavage, et proposent des guides destinés à orienter les généalogistes comme les historiens.

  • Sur place

Les ANOM accueillent les lecteurs dans une salle de lecture accessible gratuitement sur réservation, avec présentation obligatoire d’une pièce d’identité. Les visiteurs peuvent y consulter les archives numérisées sur des postes informatiques et, sous certaines conditions, utiliser des scanners pour reproduire les documents nécessaires à leurs recherches. Un personnel qualifié est également présent pour orienter les lecteurs, les aider à comprendre les fonds conservés et les accompagner dans leurs démarches. Des ateliers et des visites guidées sont par ailleurs proposés, notamment lors des Journées européennes du patrimoine.

  • À distance

Les ANOM offrent la possibilité de demander des reproductions de documents, sous forme numérique ou papier, pour des actes ou des dossiers conservés dans leurs fonds. Ces demandes, payantes selon le tarif en vigueur, peuvent être effectuées au moyen d’un formulaire

ANOM et généalogie

Les ANOM constituent une ressource particulièrement précieuse pour les recherches généalogiques, notamment lorsqu’il s’agit de retracer le parcours d’un ancêtre bagnard grâce aux registres matricules et aux dossiers individuels conservés pour la Guyane ou la Nouvelle-Calédonie, de retrouver des actes d’état civil comme des naissances, mariages ou décès dans les anciennes colonies, ou encore d’étudier l’engagisme à travers les contrats de travailleurs indiens, chinois ou africains. Elles permettent également de rechercher des déportés politiques, tels que les Communards ou certains opposants coloniaux, et d’explorer les migrations de populations comme les Acadiens ou les Alsaciens-Lorrains.

Les ANOM représentent ainsi la référence absolue pour quiconque souhaite explorer l’histoire ou la généalogie liée à l’outre-mer français, avec des fonds uniques, riches et accessibles, tant en ligne que sur place. Leur rôle est d’autant plus crucial qu’ils conservent des archives parfois introuvables ailleurs, notamment pour les périodes coloniales.

L’AMAROM

L’AMAROM a repris ses activités et dispose désormais d’un site officiel actualisé : https://amarom-aix.fr/. Créée en 1984, cette association contribue activement à la valorisation des fonds des ANOM. Elle édite la revue semestrielle Ultramarines, consacrée à l’histoire des colonies et des archives d’outre-mer, organise des colloques, conférences et visites guidées aux ANOM, soutient les chercheurs par des bourses ou un accompagnement, et propose des ressources en ligne, notamment des actualités, des appels à contributions et des archives de revues.

Pour toute personne intéressée par l’histoire coloniale ou la généalogie en outre-mer, ce site est une ressource complémentaire indispensable aux archives elles-mêmes

Avez-vous des ancêtres issus ou partis en Amérique ?

ou d’autres sources d’informations sur ce thème ?

N’hésitez pas à commenter ou partager vos infos….

📚 Sources documentaires et pour en savoir plus…

Les Archives nationales d’outre-mer (ANOM) conservent les archives de l’ancien empire colonial français (Amérique du Nord, Afrique, Asie), de l’Algérie et de l’outre-mer français actuel. Les archives qu’elles conservent sont un patrimoine commun à la France et à ses anciennes possessions outre-mer. Ce guide permet à chacun de découvrir bien des histoires familiales et sa généalogie d’outre-mer…

Archives nationales d’outre-mer (Afrique, Algérie, Amérique, Asie, Dom-Tom) | monsite

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