
D comme… Disparition ou Déportation ?
Je me focalise aujourd’hui sur le couple de mes arrière-grands-parents, (déjà présenté dans Ma généalogie) : Charles Léopold VERLINDE (Sosa 12) et son épouse Eulalie Coralie DE SOUTER (Sosa 13). J’ai également évoqué, dans un précédent un article le destin de leur fils, Ernest VERLINDE, mort en 1942. Mais le silence des archives concernant la fin de vie du couple me laisse perplexe. Je vous détaille ci-dessous mon cheminement pour tenter de clore ce chapitre.
Mes arrière-grands-parents

Charles naît à Bruges en 1865. Ses parents belges s’installent à Lille lorsqu’il a environ trois ans. En 1888, il épouse Eulalie De SOUTER, elle aussi originaire de Bruges et établie à Lille depuis cinq ans, selon leur acte de mariage. Il est journalier, elle est fileuse. Ils reconnaissent alors leur fille Prudence, née en 1886, quatorze mois auparavant. Le couple aura onze enfants, dont trois mourront en bas âge.
Eulalie a dix-neuf ans à la naissance de l’aînée et quarante ans à celle de la dernière, Jeanne, en 1907.
Ces naissances semblent témoigner de plus de vingt ans de vie commune. Pourtant, les actes de naissance et de mariage des enfants mentionnent Charles comme « empêché », « absent » ou résidant en Belgique en 1909. Au mariage de Séraphine, en 1921, il est officiellement déclaré absent.

En 1918, lors de son mariage à Marennes, en Charente-Maritime, leur fils Joseph VERLINDE déclare ignorer l’adresse de ses parents. Son épouse étant désignée comme « réfugiée », cette déclaration me paraît peu significative au regard des circonstances.

Source : Archives Départementales de Charente-maritime
Malgré ces déclarations consignées dans les actes de ses enfants, Charles réapparaît dans le recensement de Lille de 1931 ! Il vivrait rue Magenta avec son fils Ernest et Gustave BASSEMARE. De ce dernier, je n’ai retrouvé que l’acte de naissance.

En 1948, l’acte de décès de leur fils Gustave, mon grand-père, indique que Charles et Eulalie sont tous deux décédés. Pourtant, je n’ai toujours retrouvé ni les dates ni les lieux de leurs décès.
Les actes successifs dessinent un parcours familial difficile à reconstituer. Charles change de métier et semble s’absenter à plusieurs reprises, tandis qu’Eulalie exerce tour à tour les professions de fileuse, ménagère et fileuse de lin. Aurait-elle repris une activité professionnelle pour faire face aux absences de son mari ? Ce n’est encore qu’une hypothèse.
Cette enquête reste donc ouverte. Il ne s’agit pas d’une disparition au sens strict, mais d’une disparition des traces documentaires qui me permettraient de reconstituer leurs dernières années.
Les recensements de Lille sont présentés sur plusieurs volumes, selon les cantons et chaque volume contient des centaines de pages. Sans adresse exacte, difficile de rechercher.
Leur fils, Ernest VERLINDE
Dès mes premières recherches généalogiques, le parcours d’Ernest m’a intriguée. Ma branche maternelle est ancrée dans le Nord et à Bruges, mais lui meurt à Burg, une ville que je ne parvenais pas à situer. En approfondissant mes recherches, j’ai peu à peu éclairci son histoire.
Les premiers indices me sont venus du site « Mémoire des hommes »

J’ai ensuite demandé son dossier au SHD – Service Historique de la Défense – par courriel. Je l’ai reçu environ trois semaines plus tard, avec sa photo !
Comme tant d’autres, Ernest voit son destin bouleversé par celui de la nation. Déportation ou prémices de ce qui allait s’appeler le Service du travail obligatoire (STO) ? La question reste ouverte. J’ai consacré un article de mon blog au STO STO : LE SERVICE DU TRAVAIL OBLIGATOIRE.
Le plus consternant reste la brièveté de ce parcours : Ernest serait parti travailler en Allemagne le 18 mars 1942 et serait décédé dès le 7 ou le 8 avril suivant, une vingtaine de jours plus tard. Il avait seulement 36 ans.
Le dossier SHD donne deux informations différentes concernant l’adresse des parents : rue d’Austerlitz (1942) ou rue Magenta (1943). Je dois donc me replonger dans les recensements mais avec une adresse au moins.
Son dossier conservé au SHD m’a permis d’en apprendre davantage, mais il soulève encore des questions. Les renseignements concernant ses proches et leurs adresses constituent notamment de nouvelles pistes de recherche.
Disparition, déportation et généalogie
En généalogie, retrouver un acte ne signifie pas toujours résoudre une énigme. Parfois, un document apporte une réponse tout en faisant naître de nouvelles interrogations. C’est précisément ce que je découvre en reconstituant les dernières années de Charles, d’Eulalie et d’Ernest VERLINDE. L’enquête continue…

Sources documentaires et pour en savoir plus…
- Mes outils au quotidien : Wikipédia, Vibe (Mistral AI) et ChatGPT
- Filae.com
Pour approfondir vos recherches, voici les sources officielles utilisées dans cet article :
- Archives municipales de Lille
- Archives départementales du Nord
- Archives d’Etat en Belgique – AGATHA
- Archives départementales de la Charente-Maritime
- Service Historique de la Défense | Ministère des Armées
- SHD – Mémoire des hommes
- Arolsen Archives

Avez-vous aussi des « disparus » dans votre généalogie ?
ou d’autres sources pour les rechercher ?
N’hésitez pas à commenter ou partager vos informations.

