C comme Cysoing


En retraçant la généalogie de mes cousins de la famille RIGAUT (ma page : Généalogie Famille Rigaut), j’ai découvert que plusieurs générations étaient originaires de Cysoing (Nord), au cœur de la Pévèle. Mes recherches, d’abord consacrées aux ancêtres directs de René RIGAUT (1924-2004), mon oncle par alliance, m’ont également permis de retrouver des branches collatérales restées dans la commune.

Le patronyme RIGAUT, également orthographié RIGAULT, apparaît ainsi dans mes recherches à Cysoing entre 1668 et 1971. Cette présence familiale, sur plusieurs siècles, m’a donné envie de découvrir l’histoire de la commune et les transformations qu’elle a connues.

Cysoing aujourd’hui

Située dans le département du Nord, au cœur de la Pévèle et à proximité de Lille (16 km), Cysoing est une commune qui a conservé une identité locale tout en bénéficiant de l’attraction lilloise.

En 2023, elle comptait 4 839 habitants, contre 4 968 en 2017. Son habitat est principalement résidentiel : près de sept ménages sur dix sont propriétaires de leur résidence principale.

Les cadres et les professions intermédiaires occupent aujourd’hui une place importante parmi les actifs, tandis que les activités économiques locales sont largement tournées vers les commerces et les services. Cysoing conserve néanmoins des activités artisanales, agricoles et de construction.

En 2023, le niveau de vie médian des habitants atteint 30 060 € par an, contre 25 920 € en France métropolitaine et 23 950 € dans les Hauts-de-France. Le taux de pauvreté s’établit à 7 %. Ces chiffres témoignent d’une commune relativement favorisée, dont une partie des habitants exerce son activité professionnelle en dehors de son territoire.

Derrière ce visage contemporain, Cysoing conserve les traces d’une histoire bien plus ancienne, qui permet de retrouver le cadre de vie des générations qui nous ont précédés.

Cysoing et son histoire

L’histoire de Cysoing commence bien avant les premières mentions de la famille RIGAUT dans les registres paroissiaux. Les découvertes archéologiques attestent une occupation ancienne du territoire. Au IXe siècle, une étape majeure est franchie avec la fondation d’un établissement religieux par Évrard de Frioul et son épouse Gisèle, petite-fille de Charlemagne.

Dédié à saint Calixte, cet établissement devient peu à peu une abbaye, dont les terres, les bâtiments et les activités façonnent durablement le bourg. Au Moyen Âge, les religieux contribuent aussi à l’aménagement du territoire en drainant et en asséchant les zones humides.

Au fil des siècles, l’abbaye traverse des périodes de prospérité, mais subit aussi les destructions et les difficultés d’une région proche des frontières. Son destin reste étroitement lié à celui des habitants de Cysoing.

Cysoing — Le château de l’ancienne abbaye, vers 1907.
Carte postale ancienne, éditeur A. Mouton (Cysoing) — Wikimedia Commons, domaine public.

Cysoing à l’époque des ancêtres de René RIGAUT

C’est dans ce territoire que je retrouve les premières générations de la famille RIGAUT. La lignée patronymique remonte actuellement jusqu’à Jean RIGAUT, né vers 1630, dont une fille, Michèle, est baptisée à Cysoing en 1668.

À cette époque, la vie quotidienne est encore largement organisée autour de la terre, des travaux agricoles et des activités artisanales. La commune appartient à un espace rural où les habitants entretiennent des relations étroites avec les villages voisins, notamment Bourghelles, Bouvines, Cobrieux et Wannehain.

Les actes concernant certains ancêtres en témoignent :

  • François RIGAUT, 1670-1737, manouvrier, Cysoing.  
  • Michel Joseph RIGAUT, 1728-1806, manouvrier, Cysoing.
  • Louis Joseph RIGAUT, 1753-1815, journalier, Cysoing.

Ces professions désignent des hommes employés selon les besoins et les possibilités locales. Elles ne permettent pas, à elles seules, de connaître leur niveau de fortune, mais elles éclairent leur place dans le monde rural de l’époque.

Du passage de Louis XV à la disparition de l’abbaye

Au XVIIIe siècle, Cysoing connaît un épisode remarquable de son histoire. Louis XV séjourne à l’abbaye en mai 1745, à l’époque de la guerre de Succession d’Autriche. Quelques années plus tard, la pyramide de Fontenoy est érigée dans les jardins de l’établissement religieux pour commémorer le passage du souverain et la victoire française de Fontenoy.

Inauguré en 1751, ce monument de pierre, haut de près de 17 mètres, constitue aujourd’hui l’un des principaux témoignages de cette période.

Cysoing — La pyramide de Fontenoy, érigée en 1751 en hommage à Louis XV.
Photographie : Pierre André Leclercq, 2019 — Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0.

Lors de cette visite, Michel Joseph RIGAUT, né en 1728, a alors moins de dix-sept ans. Rien ne permet d’affirmer qu’il ait assisté à cet événement, mais cette coïncidence chronologique me permet de replacer sa jeunesse dans l’histoire de la commune.

Quelques décennies plus tard, la Révolution française bouleverse profondément le destin de l’abbaye. L’établissement est supprimé, ses biens sont dispersés et un incendie ravage ses bâtiments en 1793. Le domaine est ensuite vendu et transformé. Le château construit sur une partie de l’ancien ensemble abbatial rappelle aujourd’hui cette succession de transformations.

Michel Joseph RIGAUT et sa famille vivent donc à Cysoing pendant cette période de profonds changements. Les registres familiaux ne racontent pas leur manière de traverser les événements révolutionnaires, mais ils permettent de situer leur existence dans cette histoire locale. Les actes consultés le présentent comme manouvrier.

D’un bourg rural à une commune aux activités diversifiées

Au XIXe siècle, Cysoing conserve son environnement agricole tout en développant d’autres activités. Le travail du textile prend une place croissante, à travers le tissage à domicile puis l’installation d’établissements spécialisés. Un tissage à main est notamment construit en 1854 pour M. Montagne ; l’entreprise évolue ensuite vers le tissage mécanique. En 1899, le tissage Ladreyt est fondé pour produire notamment des tissus d’ameublement.

La commune accueille également des activités artisanales et des métiers liés au bâtiment. Cette dernière évolution fait écho à l’histoire de la famille, même si la branche directe s’est alors installée à Bourghelles.

La fabrication de briques occupe également une place importante dans l’histoire économique de Cysoing. Au XIXe siècle, plusieurs familles, notamment les Deboulonne, Défontaine et Martin, exploitent des briqueteries dans la commune. Certaines associent cette activité aux métiers de la maçonnerie et de la construction.

L’arrivée du chemin de fer en 1878 constitue une autre étape importante dans l’évolution de Cysoing. La commune bénéficie désormais d’une liaison ferroviaire vers les villes industrielles du Nord, notamment Roubaix et Tourcoing, dont l’activité textile est alors particulièrement développée.

CYSOING – Source : Office de tourisme Pévèle Carembault

Le recensement de 1901 révèle d’ailleurs que certains tisserands domiciliés à Cysoing travaillent pour des entreprises établies à Roubaix. Le chemin de fer a pu faciliter ces relations professionnelles et les déplacements des ouvriers, même si les listes nominatives ne permettent pas de déterminer si ces derniers se rendaient quotidiennement dans les usines ou travaillaient pour leurs employeurs depuis Cysoing.

Cysoing en 1901 : une photographie de la commune

Le recensement de 1901 permet de découvrir Cysoing à une époque plus récente. La commune compte alors 3 256 habitants, répartis en 796 ménages. Parmi eux, 2 676 habitants appartiennent à la population agglomérée, tandis que 580 vivent dans les secteurs d’habitat dispersé. Les listes nominatives révèlent la diversité des professions exercées : cultivateurs, journaliers, artisans, commerçants, ouvriers du bâtiment, mais aussi de nombreux tisserands et tisserandes. Certains employeurs mentionnés se trouvent à Roubaix, ce qui montre que l’activité professionnelle dépasse les limites de la commune.

Ce recensement offre ainsi un aperçu d’une commune en transformation, où les activités agricoles coexistent avec l’artisanat et le textile. Il constitue un précieux complément aux actes paroissiaux et d’état civil qui m’ont permis de retrouver les générations plus anciennes.

Au fil de cette histoire, Cysoing apparaît donc comme un territoire où se croisent les grandes évolutions politiques, religieuses et économiques et les parcours beaucoup plus modestes de ses habitants. C’est cette rencontre entre l’histoire d’une commune et celle des ancêtres de René RIGAUT qui donne aujourd’hui tout son sens à mes recherches.

Cysoing et la généalogie

Cysoing occupe une place importante dans la généalogie de la famille RIGAUT. Si la lignée patronymique remonte actuellement jusqu’à Jean RIGAUT, né vers 1630, les premières traces familiales que j’ai retrouvées dans la commune datent de 1668. D’autres branches, notamment collatérales, y demeurent bien plus longtemps : la dernière personne identifiée dans mes recherches est une parente de René RIGAUT, décédée à Cysoing en 1971.

Les actes ne permettent pas seulement de reconstituer les filiations. Ils apportent également quelques renseignements sur les conditions de vie et les professions.

Les déplacements familiaux restent longtemps limités aux villages voisins. En 1807, Auguste RIGAULT, né à Cysoing en 1786, épouse Rosalie DUVAL à Bourghelles. Leur fils Benjamin Joseph y naît en 1809. Cette implantation marque une nouvelle étape dans l’histoire de la branche familiale que j’ai étudiée.

La famille reste ainsi attachée à la Pévèle pendant plusieurs générations, avant de rejoindre progressivement l’agglomération lilloise.

Des archives aux reconstitutions familiales

Pour retrouver ces différentes générations, les registres paroissiaux et les actes d’état civil constituent mes principales sources. Conservés notamment aux Archives départementales du Nord, ils permettent de suivre les naissances, les mariages et les décès, mais aussi de découvrir les professions, les domiciles et les liens entre les familles.

Les recensements de population apportent un autre éclairage. Celui de 1901, que j’ai consulté pour cet article, mentionne plusieurs habitants portant le nom RIGAUT, dont des tisserands. Je n’ai toutefois pas établi leur parenté avec la branche de René RIGAUT. Leur présence témoigne surtout de la persistance du patronyme dans la commune et offre de nouvelles pistes de recherche.

J’ai également découvert sur Geneanet une ressource particulièrement intéressante : GeneCysoing, un arbre collaboratif consacré à la reconstitution des familles de Cysoing et de ses environs, notamment Louvil. Réalisé par Elisabeth DHERVILLE, il rassemble plusieurs dizaines de milliers d’individus et permet d’explorer les liens familiaux à travers les générations.

Ce travail est d’autant plus utile que les patronymes présentent parfois plusieurs orthographes. Pour mes recherches, les formes RIGAUT, RIGAULT, RIGO, RIGAU ou RIGAUX méritent ainsi d’être examinées avec attention, sans considérer automatiquement qu’elles désignent une même famille.

Les relevés collaboratifs de Geneanet constituent également des outils précieux pour retrouver plus rapidement des événements familiaux dans les registres anciens. Ces transcriptions et reconstitutions ne remplacent cependant pas les actes originaux : elles permettent de repérer des informations, de confronter des hypothèses et d’orienter de nouvelles recherches.

Une commune, plusieurs siècles d’histoire familiale

À travers la famille RIGAUT, Cysoing m’a permis d’explorer bien davantage qu’une succession de dates et de noms. Les registres m’ont conduite dans le monde rural des XVIIe et XVIIIe siècles, puis vers les transformations professionnelles et territoriales du XIXe siècle.

L’histoire de cette famille illustre également l’importance des déplacements de proximité. Avant de rejoindre Lille, plusieurs générations ont vécu dans un territoire relativement restreint, où Cysoing et Bourghelles occupent une place centrale.

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Sources documentaires et pour en savoir plus…

  • Mes outils au quotidien en général : Wikipédia, Vibe (Mistral AI) et ChatGPT pour la recherche documentaire, Canva, Gemini et ChatGPT pour la réalisation d’illustrations.
  • Pour cet article, voici la liste des documents consultés :
  • Statistiques et population
    • INSEE — Dossier complet de la commune de Cysoing (59168) : population, logements, catégories socioprofessionnelles et activités économiques. Consulter le dossier.
    • INSEE — Comparateur de territoires : données démographiques, niveau de vie médian et taux de pauvreté. Consulter les données.
  • Archives et recherches généalogiques
    • Archives départementales du Nord : registres paroissiaux et actes d’état civil de Cysoing et de Bourghelles, utilisés pour reconstituer les générations RIGAUT/RIGAULT. Consulter les archives.
    • Archives départementales du Nord — Recensement de Cysoing, 1901, cote M 473/63 : population de 3 256 habitants, 796 ménages, répartition de l’habitat et professions relevées dans les listes nominatives.
  • Histoire et patrimoine de Cysoing
    • Commune de Cysoing — Bulletin municipal, septembre 2021, notamment page 22 : histoire des briqueteries et des familles Deboulonne, Défontaine et Martin. Consulter le bulletin (PDF).
    • Commune de Cysoing — Rapport de présentation du PLU, tome I (diagnostic) : histoire locale, développement économique et transformations du territoire. Consulter le rapport (PDF).
    • Ministère de la Culture — DRAC Hauts-de-France : restauration de la pyramide de Fontenoy et histoire du monument. Consulter l’article.
  • Ressources complémentaires pour les recherches
    • Geneanet — GeneCysoing, arbre de reconstitution des familles de Cysoing et de Louvil, réalisé par Élisabeth DHERVILLE. Consulter GeneCysoing.
    • Geneanet — Relevés collaboratifs, pour retrouver des transcriptions d’actes et orienter les recherches. Consulter les relevés.
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