Portes ouvertes sur…Les archives nationales

Que peuvent-elles apporter à mes recherches généalogiques ?

Lorsque je commence une recherche généalogique, mon premier réflexe est généralement de me tourner vers les Archives départementales. Registres paroissiaux, état civil, recensements, registres matricules… elles constituent une source incontournable pour retrouver mes ancêtres et reconstruire les différentes générations d’une famille.

Mais, une fois les premières recherches effectuées, d’autres questions apparaissent. Que faisait réellement cet ancêtre ? A-t-il travaillé pour l’État ? A-t-il été naturalisé ? A-t-il eu affaire à la justice ou à la police ? A-t-il reçu une distinction ? Certains parcours peuvent alors nous conduire vers une institution que nous connaissons parfois moins bien : les Archives nationales.

Pour ce nouveau article de Portes ouvertes sur…, je vous propose donc de pousser leur porte et, surtout, de découvrir comment elles peuvent compléter une recherche généalogique.

Bienvenue aux Archives nationales | Archives nationales

Des archives différentes des Archives départementales

Les Archives nationales ne sont pas l’équivalent, à l’échelle de la France, de nos Archives départementales. Elles conservent principalement les archives produites par les administrations centrales de l’État, auxquelles s’ajoutent notamment les archives des notaires de Paris et des fonds privés.

Cela change forcément notre manière de chercher. Je ne vais généralement pas aux Archives nationales pour retrouver l’acte de naissance d’un ancêtre dans sa commune. En revanche, je peux y rechercher les traces qu’il a laissées au cours de sa vie dans ses relations avec une administration ou une institution.

C’est une différence essentielle. L’état civil me permet de reconstruire une filiation ; d’autres fonds peuvent ensuite m’aider à raconter un parcours.

Paris ou Pierrefitte-sur-Seine ?

Les fonds sont principalement répartis entre deux sites. À Paris, le Caran donne accès aux archives publiques antérieures à 1789 ainsi qu’aux archives des notaires parisiens. À Pierrefitte-sur-Seine, sont principalement consultées les archives postérieures à 1789 ainsi que les archives privées, quelle que soit leur date.

Il existe donc un premier repère assez simple : pour une recherche concernant l’Ancien Régime, je m’oriente plutôt vers Paris ; pour une recherche postérieure à la Révolution, plutôt vers Pierrefitte-sur-Seine. Le Minutier central des notaires de Paris constitue une exception importante puisqu’il est conservé à Paris et couvre une période allant du XVe au XXe siècle.

En un coup d’œil

Avant 1789 → Paris
Après 1789 → Pierrefitte-sur-Seine
Notaires de Paris → Paris
Archives privées → Pierrefitte-sur-Seine

Que puis-je y chercher sur mes ancêtres ?

La quantité d’archives conservées peut être impressionnante. En 2024, les Archives nationales annonçaient 391 kilomètres linéaires de fonds et collections. Il serait donc illusoire de vouloir en dresser ici une liste complète.

Pour une recherche généalogique, je trouve beaucoup plus simple de partir de ce que je sais déjà de mon ancêtre et de me poser des questions. A-t-il été naturalisé ? A-t-il reçu la Légion d’honneur ? A-t-il travaillé pour une administration ? A-t-il été concerné par une affaire de police ou de justice ? A-t-il passé un acte devant un notaire parisien ?

Une information trouvée dans un acte, un recensement, une fiche matricule ou même une histoire transmise dans la famille peut ainsi devenir le point de départ d’une nouvelle recherche.

Le cas des notaires est un bon exemple. Les Archives nationales ne conservent pas les minutes de tous les notaires français : le Minutier central reçoit celles des notaires de Paris intra-muros. Pour les autres départements, il faut se tourner vers les Archives départementales concernées.

Les Archives nationales permettent d’effectuer des recherches nominatives dans les décrets de naturalisation. Si vous avez découvert qu’un de vos ancêtres avait acquis la nationalité française, son nom peut donc devenir directement une clé de recherche.

Retrouver le décret n’est toutefois qu’une première étape : sa référence peut ensuite permettre de poursuivre la recherche vers le dossier de naturalisation, susceptible de contenir des renseignements beaucoup plus riches sur le parcours de la personne et de sa famille.

Une piste particulièrement intéressante lorsque nos ancêtres sont venus d’un autre pays et que nous cherchons à comprendre leur installation en France.

Commencer depuis chez soi

Avant d’envisager un déplacement, je peux commencer mes recherches depuis mon ordinateur grâce à la Salle de lecture virtuelle des Archives nationales.

Elle permet actuellement d’interroger plus de 31 000 inventaires décrivant les fonds et de consulter 13 millions d’images numérisées. On y trouve également des fiches d’aide à la recherche et plusieurs bases, dont Léonore pour les titulaires de la Légion d’honneur.

Salle de lecture virtuelle des Archives nationales

Le terme « inventaire » est important. Tout ce qui est conservé aux Archives nationales n’est pas numérisé. La recherche en ligne permet donc aussi de découvrir l’existence d’un dossier que je ne pourrai pas immédiatement ouvrir sur mon écran.

Les Archives nationales conseillent d’ailleurs une démarche progressive : vérifier d’abord qu’elles sont susceptibles de conserver le type de document recherché, consulter les fiches d’aide thématiques, puis interroger les inventaires et affiner les résultats.

Lorsque je trouve une piste intéressante, une information devient indispensable : la cote. Composée de lettres, de chiffres ou de signes selon les fonds, elle identifie l’unité archivistique et permet de retrouver le document dans les magasins puis de le communiquer au lecteur.

Cas pratique : retrouver les traces de l’incendie de l’Hôtel de Ville

Pour terminer cette visite des Archives nationales, j’ai voulu reprendre le fil rouge de mes articles du mois d’août : les incendies.

J’avais notamment évoqué celui de l’Hôtel de Ville de Paris, détruit pendant la Commune en mai 1871. Je suis donc partie d’une question très simple : que puis-je retrouver dans les archives sur cet incendie ?

Ma première recherche m’a conduite vers plusieurs séries susceptibles de concerner Paris, son administration ou les événements de 1871. Mais rechercher dans des archives demande de rester vigilant : une série concernant Paris ne contient pas nécessairement des documents sur l’incendie et une série touchée par les incendies de 1871 ne documente pas forcément celui de l’Hôtel de Ville.

Je n’ai finalement pas identifié aux Archives nationales un dossier unique qui aurait pu s’intituler « Incendie de l’Hôtel de Ville de Paris, 1871 ». Mais la recherche ne s’arrêtait pas là.

Quand les archives me conduisent vers un autre dépôt

En poursuivant l’enquête, j’ai retrouvé des documents beaucoup plus directement liés à l’incendie dans les collections patrimoniales de la Ville de Paris.

L’un d’eux est particulièrement évocateur. Un rapport couvrant la période du 30 mai au 19 août 1871 est consacré au sauvetage effectué dans les ruines de plusieurs édifices incendiés, parmi lesquels l’Hôtel de Ville. Il est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. J’ai également retrouvé un plan de l’Hôtel de Ville réalisé après l’incendie. Il distingue les parties encore en bon état, celles qui doivent être démolies et celles qui pourraient être restaurées. Cette fois, je suis bien revenue à mon point de départ : l’incendie et ses conséquences matérielles.

Et les archives disparues dans l’incendie ?

Une troisième découverte nous ramène encore davantage à la généalogie.

Parmi les documents aujourd’hui conservés à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris figure la reproduction d’un registre d’écrou de la prison de l’Abbaye. La notice précise que l’original a brûlé dans l’incendie de l’Hôtel de Ville en 1871.

Voilà une conséquence de l’incendie qui nous concerne directement.

Un incendie ne détruit pas seulement un bâtiment. Il peut faire disparaître les documents qui racontaient la vie des personnes qui nous ont précédés. Et parfois, seule une copie réalisée auparavant permet à une information de parvenir jusqu’à nous.

Quant la recherche nous mène ailleurs

Cette petite enquête m’a finalement appris autre chose sur notre manière de faire de la généalogie.

J’étais partie des Archives nationales parce que c’était le sujet de cet article. Pourtant, les documents répondant le mieux à ma question étaient conservés ailleurs.

C’est un réflexe important à conserver : si je ne trouve pas un document dans le dépôt où je pensais qu’il devait être, cela ne signifie pas qu’il n’existe pas. Il faut parfois rechercher quel organisme a produit le document, mais aussi quel service l’a finalement conservé.

Et lorsque le document n’est pas en ligne ?

Repérer une cote ne signifie pas nécessairement que je pourrai immédiatement consulter le document depuis chez moi. La Salle de lecture virtuelle contient 13 millions d’images, mais les Archives nationales conservent évidemment beaucoup plus de documents.

Il peut donc être nécessaire de poursuivre la recherche en salle de lecture. L’accès et la consultation sont gratuits. À Pierrefitte-sur-Seine comme au Caran, les salles sont actuellement ouvertes du lundi au samedi, avec des conditions particulières le samedi puisque seuls les documents réservés à l’avance peuvent alors être consultés.

Un espace personnel dans la Salle de lecture virtuelle permet justement de préparer cette consultation, de sauvegarder ses recherches et de réserver des documents. Il est également possible d’y demander une aide à la recherche ou la reproduction d’un document.

Les Archives nationales et la généalogie

Les Archives nationales ne remplacent pas les Archives départementales : elles les complètent.

Lorsque les actes d’état civil et les registres paroissiaux m’ont permis de reconstruire une filiation, d’autres questions apparaissent. Comment vivait cet ancêtre ? A-t-il travaillé pour l’État ? A-t-il été naturalisé ? A-t-il eu affaire à la justice ou à la police ? A-t-il reçu une distinction ? A-t-il passé un acte devant un notaire parisien ?

C’est à ce moment que les Archives nationales peuvent apporter une nouvelle dimension à mes recherches.

Elles m’incitent aussi à changer ma manière de chercher. Je ne pars plus seulement d’un nom, d’une date et d’un lieu : j’essaie de comprendre quelles administrations ou institutions ont pu croiser le parcours de mon ancêtre et, par conséquent, produire des documents à son sujet.

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Sources documentaires et pour en savoir plus…

  • Mes outils au quotidien : Wikipédia, Vibe (ex Mistral le Chat) et chatgpt

Pour approfondir vos recherches, voici les sources officielles utilisées dans cet article :

  • Archives nationales, « Première recherche » — méthode pour débuter une recherche à distance ou sur place.
  • Archives nationales, « Méthodologie de recherche en Salle de lecture virtuelle » — organisation des fonds, répartition Paris/Pierrefitte et utilisation des cotes.
  • Archives nationales, « Aide à la recherche » — instruments de recherche, fonds conservés et ressources numérisées.
  • Archives nationales, informations pratiques des salles de lecture.
  • Archives nationales, modalités de reproduction à distance.
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Avez-vous retrouver des informations sur vos ancêtres grâce aux archives nationales ?

ou d’autres sources d’informations sur ce thème ?

N’hésitez pas à commenter ou partager vos informations.

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