
Je vous ai présenté précédemment mon oncle Réné RIGAUT et ses parents. Je vous présente aujourd’hui ses grands-parents. Je débute tout d’abord avec un arbre généalogique représentant ces trois générations afin de mieux vous situer dans la famille.

NAISSANCE ET ENFANCE
Isidore RIGAUT, né le 12 novembre 1848 à Bourghelles, ville proche de Lille dans le Nord de la France,

Son père Benjamin RIGAUT, tisserand à Bourghelles est alors âgé de 36 ans. Sa mère, Angelique DESCATOIRE à 29 ans.
Isidore est le cinquième enfant du couple. Issu d’une famille de tisserand, il deviendra maçon, métier qu’exerce deux de ses frères également après celui de tisserand. Ce changement de profession doit répondre à un besoin de constructions lié à l’agrandissement des villes environnantes. Nous sommes en pleine industrialisation, textile principalement. Le métier de tisserand, exercé souvent à domicile de façon artisanale, laisse la place aux tisseurs sur les machines mécaniques.
Isidore passera toute sa vie à Bourghelles, commune que j’ai évoquée lors d’un précédent article. A sa naissance, en 1845 la commune compte environ 1200 habitants. De nos jour, la ville de 1700 habitants environ restent rurale et verdoyante. La ville adhère à la communauté de communes du Pévèle-Carembault, région mise à l’honneur ce dernier week-end lors de la course cycliste du PARIS-ROUBAIX. Leur site web met l’accent sur les activités et randonnées à faire aux alentours. (source wikipedia, bourghelles.com et https://tourisme.pevelecarembault.fr/).
Eléonore DESMONS nait à Bourghelles en 1847. Elle passera toute sa vie dans ce lieu également. Elle est l’ainée d’une fratrie de 6 enfants. Sa mère, Marie BANSE, est originaire de Belgique et était servante avant son mariage. Son père Prosper DESMONS, veuf en première noces à l’âge de 27 ans, était déjà père de trois enfants, dont deux vivants le jour de son remariage. Ils étaient alors âgés de 3 et 5 ans. Il était tisserand également.
MARIAGE ET VIE FAMILIALE
Isidore RIGAUT et Eléonore DESMONS se marient à Bourghelles le 23 octobre 1869. Ils auront 10 enfants entre 1867 et 1891. Certains resteront à Bourghelles toute leur vie également.
Descendance du couple Isidore rigaut et eleonore desmons
DEUILS
Isidore RIGAUT mourra en 1896 à Bourghelles à l’âge de 50 ans. Il était maçon et les témoins sont ces deux frères, tisserands et domiciliés à Bourghelles : Jules RIGAUT et Philippe RIGAUT.
Eléonore DESMONS mourra à 63 ans en 1910 à Bourghelles. Le témoin est l’un de ses fils, Alphonse RIGAUT, 23 ans, qui exerce lui le métier de paveur.
Une famille de Tisserand
En consultant les recensements de la ville de Bourghelles, je remarque que pour la famille RIGAUT, plusieurs d’entre eux sont tisserands chez CRAYE dont Louis RIGAUT, le fils d’Isidore et d’Eléonore. En consultant les recensement de 1906 de la ville plus en détail, j’ai constaté les chiffres suivants :
Population totale : 1233 individus
| Moins d’un an | 38 |
| 1 à 19 ans | 479 |
| 20 à 29 ans | 335 |
| 40 à 59 ans | 235 |
| 60 ans et + | 146 |
Parmi la population, j’ai comptabilisé 138 tisserands dont 40 travaillent chez CRAYE, soit 29 %.
CRAYE et FILS
source image et texte : La Manufacture de Roubaix
Craye et Fils est une entreprise textile française historique basée à Roubaix, dans le Nord. Spécialisée dans le tissage, elle fait partie du patrimoine industriel de la région, autrefois centre majeur de la laine et du textile en Europe. L’entreprise illustre l’héritage roubaisien du savoir-faire textile et sa reconversion artisanale ou patrimoniale.
L’usine de Craye et Fils est emblématique de l’architecture industrielle en brique du Nord de la France, avec ses grandes halles et sheds lumineux. Ce type de bâtiment témoigne de l’organisation rationnelle du travail textile au XIXᵉ siècle. Plusieurs structures similaires sont aujourd’hui reconverties en espaces culturels ou musées.

Le nom Craye et Fils évoque la continuité familiale et la transmission du savoir-faire du tissage. L’entreprise se distinguait par sa maîtrise des fibres naturelles et la précision du tissage mécanique. Ce savoir artisanal reste une référence dans la mémoire ouvrière et textile de Roubaix.

Craye et Fils s’inscrit dans la grande tradition industrielle de Roubaix, surnommée autrefois « la Manchester française ». L’entreprise aurait vu le jour au XIXᵉ siècle, période d’essor des filatures et tissages du Nord. Elle produisait des étoffes fines et des tissus d’habillement, contribuant à la réputation de qualité des manufactures roubaisiennes.


Bien que l’industrie textile roubaisienne ait fortement décliné à la fin du XXᵉ siècle, Craye et Fils demeure un symbole de ce passé industriel. Certains ateliers ou descendants perpétuent la tradition à travers des productions de niche, des expositions ou la valorisation du patrimoine textile local.
Selon le recensement de 1931, leur fils Louis RIGAUT était tisserand chez Ladrey à Cysoing
Fondé en 1899, le tissage mécanique H. Ladreyt fabrique des toiles d’ameublement, des coutils pour literies et stores ainsi que des tissus fantaisie et des satins damassés. Après la Première Guerre mondiale, le tissage acquiert l’ancienne brasserie de l’Union à Cysoing afin d’y installer un atelier d’apprêt. En 1927 est construit à côté du tissage un atelier de teinturerie. Des bureaux sont construits vers 1930 en front de rue. En 1935, les Ets Ladreyt possèdent également une usine au Quesnoy (Nord) et un bureau à Paris (65, rue Réaumur). Fermeture de l’usine en 1953, le matériel est alors enlevé. Reprise des locaux en 1959 par les Ets Fourlegnies qui y fabriquent depuis de la vaisselle en carton et plastique. source : Tissage Ladreyt, actuellement usine d’articles en matière plastique – POP
1915 combaT d’Hébuterne
– Selon MISTRAL AI –
La bataille d’Hébuterne, dans le Pas-de-Calais, s’est déroulée du 7 au 13 juin 1915, en parallèle de la deuxième bataille d’Artois. Elle fait partie des combats de la Première Guerre mondiale sur le front ouest. Cette bataille était une attaque de diversion confiée à la IIe armée française du général de Castelnau, visant à soulager l’offensive principale en Artois. L’assaut a été lancé contre la ferme de Toutvent, un saillant fortifié par les Allemands entre Hébuterne et Serre-lès-Puisieux. Plusieurs régiments d’infanterie français (64e, 65e, 75e, 93e, 118e, 135e, 137e, 140e, 162e, 361e) ont participé à l’attaque sur un front de 1 200 mètres. Les gains territoriaux ont varié de 200 mètres à 1 kilomètre entre Serre, Hébuterne et Maillet. Les combats ont été particulièrement intenses les 10, 11, 12 et 13 juin 1915, avec de lourdes pertes, notamment pour les 243e et 327e régiments d’infanterie, dont les soldats reposent aujourd’hui dans la nécropole nationale de Serre-Hébuternefr. (selon wikipedia).
À partir de l’été 1915, le village d’Hébuterne est passé sous contrôle britannique, restant aux mains des Britanniques jusqu’à l’Armistice. Une plaque commémorative a été inaugurée le 17 juin 1934 dans l’église du village pour rendre hommage à cette bataille.
Si je lis bien la fiche matricule d’Emile RIGAUT, il faisait parti du 149e régiment d’infanterie. Ce régiment a bien participé aux combats de l’Artois en 1915, notamment lors de la deuxième bataille d’Artois (9 mai – 19 juin 1915), qui inclut la bataille d’Hébuterne (7–13 juin 1915). Le régiment était engagé dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette et a subi de lourdes pertes en mai et juin 1915, avec des combats intenses les 11 mai et 7–13 juin 1915. Le 1er bataillon du 149e RI, par exemple, a comptabilisé 38 tués, 51 blessés et 12 disparus rien que pour la journée du 11 mai 1915, alors qu’il était en réserve mais soumis aux tirs ennemis. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à découvrir le blog amphitrite33.canalblog.com. C’est une vrai mine d’or pour tout ceux qui s’interèssent à cette période de notre histoire, histoire des batailles, des régiments , musique militaire, photos, recensement des pierre tombales pour ceux tombés pour la france, récits des participants…
Site internet du 149e régiment d’infanterie
Conclusion pour la génération 3
En décrivant la vie du couple Isidore RIGAUT et Eléonore DESMONS, je suis partie à la découverte d’un territoire, d’un métier, de deux entreprises et d’une bataille de la guerre 14-18.
Leur vie, rythmée par les métiers à tisser de LADREYT et CRAYE ET FILS, s’inscrit dans l’histoire industrielle de la région. Leur histoire familiale a aussi été meurtri par l’absurdité de la Grande Guerre. Leur fils, Emile tombé à Hebuterne en 1915, rappelle avec douleur le prix payé par des milliers de familles pour la défense de la patrie. Aujourd’hui, en retraçant leur parcours, c’est toute une époque que l’on revisite : celle des ateliers, et des cœurs lourds de l’absence de ceux qui ne sont jamais revenus. Leur héritage, à la fois textile et mémoriel, nous rappelle que chaque famille apporte avec elle une pierre à notre histoire collective.



