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En septembre, je parcours la presse ancienne pour retrouver ce qu’elle peut raconter de la vie de nos ancêtres. Après avoir recherché la presse qui pouvait circuler autour d’eux La presse chez mes ancêtres et observé la rentrée scolaire à travers les journaux de l’époque La rentrée de mes ancêtres, je remonte aujourd’hui aux origines de cette presse avec un mot qui nous est encore familier : « gazette ».

Le terme évoque volontiers un journal ancien, quelques feuilles couvertes de caractères serrés et des nouvelles venues de loin. Mais que désignait réellement une gazette ? Et pourquoi ces publications peuvent-elles encore nous être utiles lorsque nous cherchons à replacer nos ancêtres dans leur époque ?

Un mot venu de Venise

Le mot « gazette » apparaît en français au XVIe siècle. Il est emprunté à l’italien gazzetta, qui désignait une feuille d’information. L’Académie française rattache ce terme à la Gazeta de le novite, un journal vénitien dont le prix correspondait à une gazeta, une petite monnaie de Venise.

Le mot finit ainsi par désigner la publication elle-même. Dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française, en 1694, une gazette est décrite comme un cahier ou une feuille volante distribuée chaque semaine et contenant des nouvelles de différents pays. Cette définition nous rappelle que la gazette est d’abord liée à deux idées nouvelles : la régularité de la publication et la circulation de l’information.

1631 : La Gazette de Théophraste Renaudot

Gazette | 1631 | Gallica

En France, une date constitue un repère essentiel : le 30 mai 1631. Ce jour-là paraît le premier numéro de La Gazette, fondée par Théophraste Renaudot. Publiée à Paris par le Bureau d’adresse, elle est hebdomadaire et rapporte notamment des nouvelles politiques, diplomatiques et militaires.

La Gazette naît cependant dans un cadre très éloigné de notre conception actuelle de la liberté de la presse. Créée par privilège royal sous la protection de Richelieu, elle détient alors le monopole de l’information politique. Les nouvelles proposées au lecteur sont donc étroitement liées au pouvoir et à ce qu’il autorise à publier.

La publication se poursuit et évolue au fil des régimes. La Gazette devient La Gazette de France en 1762. D’autres périodiques apparaissent parallèlement, consacrés aux sciences, aux lettres ou à l’actualité, et le paysage de la presse se diversifie progressivement.

La Bibliothèque nationale de France conserve près de 247 000 titres de presse publiés sur le territoire français. Le plus ancien titre de cette collection est La Gazette de Théophraste Renaudot, commencée en 1631.

Que pouvait-on lire dans une gazette ?

Ouvrir une gazette ancienne peut d’abord déconcerter. Pas de photographie, bien sûr, peu de titres destinés à attirer immédiatement le regard et de longues pages de texte. Les nouvelles sont fréquemment présentées selon leur lieu d’origine et leur date, comme si le lecteur suivait le trajet de l’information d’une ville à l’autre.

On y rencontre les guerres, les déplacements des souverains, les relations entre États, les nominations, les cérémonies et les événements politiques ou religieux. Mais, en parcourant les numéros, on découvre aussi des annonces et des informations qui nous rapprochent de la société dans laquelle vivaient nos ancêtres.

C’est ce que montre, par exemple, la Gazette de France du 28 octobre 1774 que j’ai consultée. Dans les nouvelles de Paris, une annonce présente les enseignements proposés par le sieur Bouchaut, de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres : cours particuliers, conférences et cours public du Droit des gens. Elle précise même à qui s’adressent certains de ces enseignements et où s’inscrire. Ce petit texte n’est évidemment ni un acte de naissance, ni un mariage, ni un décès. Pourtant, il nous renseigne sur l’enseignement, les activités proposées et la manière de les faire connaître. Il nous montre surtout ce qu’un lecteur pouvait découvrir dans les pages d’une gazette en 1774.

Ce document illustre une distinction essentielle en généalogie : je ne retrouve pas nécessairement mon ancêtre dans la presse, mais je peux y retrouver une partie du monde dans lequel il vivait.

La gazette et la généalogie

Lorsque nous remontons au XVIIe ou au XVIIIe siècle, les gazettes ne remplacent évidemment pas les registres paroissiaux, les actes notariés ou les autres documents d’archives. Elles apportent autre chose : le contexte.

Un ancêtre n’avait pas besoin d’être cité dans La Gazette pour être concerné par les événements qu’elle rapporte. Une guerre pouvait entraîner le passage ou le cantonnement de soldats ; une décision du pouvoir pouvait modifier les obligations des habitants ; une crise, un événement politique ou une cérémonie pouvaient avoir des conséquences jusque dans les villes et les villages. Les annonces, de leur côté, donnent à voir des activités, des pratiques et des préoccupations qui appartiennent au quotidien de l’époque.

La question du généalogiste change alors légèrement. Au lieu de demander seulement « Mon ancêtre est-il dans ce journal ? », je peux commencer par me demander : « Que se passait-il autour de lui à ce moment-là ? »

C’est souvent ainsi qu’une date trouvée dans un registre cesse d’être isolée. Une naissance, un mariage, un décès ou un déplacement familial retrouve sa place dans une époque plus vaste, avec ses événements, ses contraintes et ses habitudes.

Où retrouver les anciennes gazettes ?

Une partie importante de cette presse est aujourd’hui numérisée. Gallica permet notamment de consulter des collections anciennes de La Gazette et, plus largement, de parcourir des siècles de presse conservée par la Bibliothèque nationale de France.

La recherche demande cependant un peu de méthode : observer la date et le lieu, comprendre le vocabulaire de l’époque, repérer la manière dont les nouvelles sont organisées et toujours distinguer ce que le journal rapporte de ce que d’autres sources permettent d’établir.

Nous reviendrons précisément sur cette méthode le 30 septembre avec « Portes ouvertes sur… Gallica, la presse ancienne ». J’y montrerai comment entrer dans ces collections et mener une recherche pas à pas.

Une table pour retrouver un nom

Bien avant nos moteurs de recherche, il existait déjà des outils pour explorer la presse ancienne. Entre 1902 et 1906, Anatole de Granges de Surgères publie un Répertoire historique et biographique de la Gazette de France couvrant les années 1631 à 1790. Organisé alphabétiquement en quatre volumes, il permet de repérer des personnes mentionnées dans la Gazette, avant de revenir au numéro original pour consulter l’information dans son contexte.

Pour le généalogiste, la démarche reste très actuelle : le répertoire permet de trouver ; la Gazette permet de vérifier. La BnF signale également une table beaucoup plus ancienne, publiée dès 1766-1768 par Edme-Jacques Genet : Table ou abrégé des 135 volumes de la Gazette de France, depuis son commencement en 1631, jusqu’à la fin de l’année 1765.

Gazette et la généalogie

Une gazette peut donc être utile même lorsqu’aucun nom de notre arbre n’y apparaît. Elle permet de replacer une famille dans son environnement historique, de comprendre ce qui faisait l’actualité au moment où elle vivait et parfois d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche. Lire la presse ancienne, c’est ajouter autour des actes et des dates une partie du décor dans lequel nos ancêtres ont vécu.

Demain, je franchirai justement une autre étape. Cette fois, je ne chercherai plus seulement l’époque de mon ancêtre dans les journaux : je tenterai de retrouver l’ancêtre lui-même. Rendez-vous avec « Mon ancêtre, est-il dans la presse ? ».

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Sources documentaires et pour en savoir plus…

  • Mes outils au quotidien : Wikipédia, Vibe, Chatgpt, Gallica et RETRONEWS

Pour approfondir vos recherches, voici les sources officielles utilisées dans cet article :

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Avez-vous retrouvé vos ancêtres dans la presse ?

Ou des informations pour donner du contexte à votre généalogie grâce à la presse ?

N’hésitez pas à commenter ou partager vos informations.

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