L’habitat ouvrier à Lille

Présentation

Mes ancêtres sont venus pour certains de Bruges et de Peronnes (BELGIQUE) vers 1853 et 1868, de Cherbourg (vers 1905)et fay sur Lignon pour d’autres. Ils ont convergé vers Lille pour fonder leur famille. Une branche est enracinée à Lille depuis 1720 au moins, c’est mon ancêtre Hubert Six né en 1747.

Quand je consulte les actes de mes ancêtres, je prend note de leur adresse. Souvent, l’adresse comporte le mot « cour ». Par exemple, ma grand-mère maternelle, née en 1902 a vécu les premières années de son mariage (1921) rue d’Aboukir, cour malfait à Lille puis vers 1934 cour crépin, rue Charles de Muyssart à Lille. Elle y vécu jusqu’à son décès en 1965.

La maison était composée d’une pièce en bas, de deux pièces à l’étage. Seule, la pièce du bas était chauffée grâce au poêle qui servait pour cuisiner également. Les commodités étaient à l’extérieur, la toilette se faisait dans une bassine, le point d’eau étant commun avec le voisinage. Mes grands-parents ont eu 9 enfants. ils vécurent tous ensemble dans cette courée.

Les courées lilloises

La « courée » est un terme utilisé principalement dans le nord de la France. Il désigne une rangée de maisons, de conception identique L’accès se fait par un passage étroit débouchant sur la rue principale.

Bien que l’on trouve trace du nom « courée » dès 1555, c’est vers 1850 que ce type d’habitat s’est développé autour des usines textiles tout d’abord. A Roubaix, les occupants de ces logements moitié paysan, moitié tisserand, installent leur métier au rez-de-chaussée. La famille doit se partager le reste de l’espace. Avec l’arrivée de l’industrialisation (1860), le local reprend sa fonction unique d’habitation.

Des investisseurs ont contribués à accroitre se type de logements. C’est un placement idéal pour des « petits » propriétaires comme les commerçants, les cultivateurs, les artisans qui veulent profiter des richesses que peut apporter l’extension des villes.

Cité ouvrière THIRIEZ de Loos-lez-lille

Certains employeurs ont pourvus les ouvriers de logements à proximité de leur lieu de travail. Dans la région lilloise, l’usine de coton THIRIEZ (devenu DMC pour le fil de coton comme à la grande mode du canevas) installée à Loos est précurseur dans la construction de logements ouvriers et aussi pour ses employés. Une crèche pour les enfants du personnel a même été conçue dès 1870. Les plans de cette cité ouvrière ont été sauvés de la déchetterie !

InstOuvExpo1900Archi

maison ouvrière THIRIEZ Loos-lez-Lille

La ville de Lille a connu un grand essor en 1858. Sa population s’est amplifiée mais si des grands boulevards ont été créés, le logement social n’a pas été pris en compte. « Il est vrai que Lille à l’époque est un lieu saturé d’industries, où la population gonflée par une émigration en majorité belge ne cesse d’enfler (131 827 habitants en 1861, 217 807 en 1911). Le plan Rousseau de 1822 permet de repérer 123 cours et passages. En 1911, Lille compte 882 cours ou immeubles assimilés à des cours ou à des courettes. Les communes annexées sous le Second Empire (Wazemmes, Moulins-Lille, Esquermes, Fives) concentrent 768 cours, soit 87 % de ce type d’habitat » source : https://shs.cairn.info/revue-du-nord-2008-1?lang=fr.

Les mauvaises conditions de vie dans ses maisons comme la promiscuité, l’humidité des murs, l’écoulement des eaux usées directement sur le sol de la cour contribuaient à propager les maladies ou les conflits avec le voisinage. mais la vie en en courée pouvait aussi être joyeuse, intergénérationnelle : une communauté d’entraide.

La cour Blasin (non daté) – Bibliothèque numérique de Roubaix

Nouveaux logements sociaux

Vers 1934, Jean-Baptiste LEBAS, maire de Roubaix et futur ministre au Front Populaire, lance le programme d’Habitations à Bon Marché (HBM) du Nouveau Roubaix. Le patronat proposera par la suite le 1 % pour le logement et vers 1942, le syndicat patronal du textile participe à la construction des premiers HLM, habitations à loyer modéré.

Ma mère a quitté ce type de logement pour venir s’installer en 1965 avec ses quatre filles dans la banlieue lilloise. Logement HLM neuf, plein sud, cuisine, pièce principale, trois chambres, salle de bain, chauffage central, espaces verts avec jeux, face au groupe scolaire. il y trouva même un travail situé à 300 mètres. Elle y resta toute sa vie.

Sources : wikipedia pour le mot « courée », https://www.sitesetmonuments.org,

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