
G comme…Gendarme
Dans mes recherches généalogiques, les professions de mes ancêtres et de leurs proches m’amènent parfois à découvrir des univers que je connais peu.
C’est ainsi que j’ai retrouvé Louis Cirgues PROLHAC (1871-1920), frère aîné de mon arrière-grand-père. Son parcours dans la gendarmerie m’a donné envie de m’intéresser à l’histoire de cette institution, mais aussi à une particularité de la profession : la vie en caserne, avec les familles.
Je vous propose de découvrir le métier de gendarme aujourd’hui, ses origines, puis les traces laissées par mon arrière-grand-oncle dans les archives.
Le gendarme aujourd’hui
La Gendarmerie nationale est une force armée qui exerce des missions de sécurité publique, de police judiciaire et de maintien de l’ordre.
Présente principalement dans les territoires ruraux et périurbains, elle intervient dans de nombreuses situations : enquêtes, sécurité routière, prévention de la délinquance, secours et protection de la population.
Les gendarmes départementaux travaillent notamment au sein de brigades territoriales. Leur statut militaire implique des obligations particulières, dont une disponibilité liée aux nécessités du service.
Autre particularité : les officiers et sous-officiers de gendarmerie bénéficient généralement d’un logement concédé par nécessité absolue de service. Cette tradition du logement lié à la fonction existe donc toujours.

Carte postale ancienne, éditeur Chambon, Villefranche-sur-Saône. Source : Voyageur de mémoire – Terroirs, Chemins et Destinées entre Haut-Beaujolais et Haut-Mâconnais.
Le gendarme et son histoire
De la maréchaussée à la Gendarmerie nationale
L’origine de la gendarmerie remonte à la maréchaussée, chargée initialement de surveiller les gens de guerre, avant d’étendre progressivement ses missions à la population civile.
Au XVIIIe siècle, les réformes de 1720 organisent un réseau de brigades chargées de surveiller les routes et les campagnes. Les hommes de la maréchaussée effectuent des tournées, recherchent les malfaiteurs et contribuent au maintien de l’ordre.
La loi du 16 février 1791 crée la Gendarmerie nationale, qui conserve son caractère militaire.
Au XIXe siècle, son implantation territoriale se développe. Les brigades, à pied ou à cheval, assurent une présence régulière dans les villes, les bourgs et les campagnes.
Les gendarmes surveillent notamment les voies de communication, les rassemblements et les marchés. Ils constatent les infractions, recherchent les auteurs de délits et participent à l’exécution des décisions de justice.
La caserne, un lieu de travail et de vie familiale
Pourquoi les gendarmes vivent-ils en caserne ?
Cette organisation répond d’abord aux nécessités du service : regrouper les hommes, faciliter leur mobilisation et assurer une présence permanente dans leur secteur.
Mais la caserne de gendarmerie possède une particularité : elle accueille traditionnellement les familles.
Sous l’Ancien Régime, la présence des épouses dans les casernes n’était pas toujours autorisée. L’ordonnance du 29 octobre 1820 permet officiellement aux femmes et aux enfants des sous-officiers d’y résider.
Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, les casernes peuvent ainsi réunir les locaux professionnels, les logements des gendarmes, une cour et, pour les brigades montées, des écuries. Les familles disposent de logements distincts, mais partagent un même environnement. Les enfants grandissent à proximité des collègues de leur père, tandis que les épouses vivent au rythme des contraintes du service et des éventuelles mutations. Cette proximité entre vie professionnelle et vie familiale constitue l’une des caractéristiques durables de la gendarmerie.
La gendarmerie en Chiffres
- En 1906, année où Louis Cirgues PROLHAC (frère de mon ancêtre) exerce à Monsols, la France compte 4 249 brigades de gendarmerie, regroupant 21 014 gendarmes de tous grades, soit une moyenne d’environ cinq hommes par brigade. Ces petites unités assurent une présence régulière dans les bourgs et les campagnes. Leur implantation s’est considérablement développée au XIXe siècle : on dénombrait 3 121 brigades en 1851.
- Aujourd’hui, la Gendarmerie nationale compte plus de 140 000 personnels, en incluant les militaires d’active, les personnels civils et les réservistes (chiffres de juillet 2025). Elle s’appuie sur un réseau de plus de 3 100 brigades, qui assurent une présence de proximité dans les villes, les bourgs et les campagnes. Sa zone de compétence couvre 95 % du territoire national et environ 51 % de la population française.
Si les missions et les moyens ont considérablement évolué depuis l’époque de Louis Cirgues PROLHAC, l’implantation territoriale demeure l’une des caractéristiques essentielles de la gendarmerie.
Le gendarme et la généalogie
Louis Cirgues PROLHAC naît le 7 mars 1871 à Chilhac, en Haute-Loire. Il est le fils d’André Louis PROLHAC (Sosa 20 ) et de Magdeleine PROMEYRAT (Sosa 21).
Frère aîné de mon arrière-grand-père, il choisit une carrière dans la gendarmerie.
Le 24 janvier 1899, il épouse Maria Rosa MERCIER à La Ricamarie, dans la Loire. Son acte de mariage le présente comme gendarme à cheval, domicilié à Givors, dans le Rhône.

Sept ans plus tard, je le retrouve dans le recensement de Monsols de 1906, où il apparaît comme brigadier de gendarmerie, auprès de son épouse.

Plusieurs autres ménages de gendarmes apparaissent à proximité dans le Bourg. Cette concentration laisse envisager des logements liés à la brigade, peut-être une caserne. Le recensement ne permet toutefois pas, à lui seul, de confirmer la nature exacte des bâtiments.
Le recensement nous offre néanmoins un aperçu de cette vie familiale associée au métier.
Louis Cirgues décède le 22 février 1920 à Lyon, à l’âge de 48 ans. Les documents relatifs à son décès le désignent comme chef de brigade de gendarmerie.

Ces trois étapes documentées permettent de suivre une partie de sa carrière, sans encore connaître l’ensemble de ses affectations.
Quelles archives consulter pour retrouver un gendarme ?
Les actes d’état civil constituent un premier point de départ. Les actes de mariage, de naissance des enfants ou de décès peuvent préciser la profession, le grade et le domicile.
Les recensements de population permettent de retrouver les gendarmes et leur famille, de connaître leur lieu de résidence et parfois de repérer plusieurs ménages appartenant à une même brigade.
Les registres matricules militaires apportent des renseignements sur le recrutement et le parcours militaire.
Enfin, le Service historique de la Défense (SHD) conserve des contrôles et des dossiers relatifs aux personnels de la gendarmerie. Pour le XIXe siècle, la sous-série 42 Yc (1815-1909) constitue notamment une piste de recherche.
Ces documents peuvent permettre de retrouver des affectations, des changements de grade et d’autres étapes d’une carrière.
Conclusion
En suivant les traces de Louis Cirgues PROLHAC, j’ai découvert une profession dont l’histoire se mêle étroitement à celle de la vie familiale.
La caserne en est un bon exemple : elle était à la fois un lieu de service et un lieu d’habitation.
Mais les gendarmes n’étaient pas les seuls à vivre dans des logements associés à leur métier. Les ouvriers des filatures (F comme …Filature), les éclusiers (E comme… Ecluse) et bien d’autres travailleurs connaissaient également cette proximité entre travail et domicile.
Une transition toute trouvée pour notre prochaine lettre : H comme Habitat.

Sources documentaires et pour en savoir plus…
- Mes outils au quotidien
- Pour la recherche documentaire : Wikipédia, Vibe (Mistral Ai) et ChatGPT, la presse ancienne avec GALLICA et RETRONEWS.
- Pour ma généalogie : Herédis, Filae, Généanet et Agatha pour les archives en Belgique.
- Pour les illustrations : Gemini, ChatGPT, Unplash et Canva.
Pour approfondir vos recherches, voici les documents consultés pour cet article :
- Archives départementales de la Loire, Bienvenue sur le site – Archives départementales de la Haute-Loire
- Archives départementales du Rhône Rechercher – Archives départementales du Puy-de-Dôme
- Gendarmerie nationale, « De la maréchaussée à la gendarmerie nationale ». Consulter l’histoire de l’institution.
- Gendarmerie nationale, « Le 16 février 1791, la naissance de la gendarmerie ». Consulter l’article historique.
- Service historique de la Défense, « Je recherche un personnel de la Gendarmerie ». Consulter le guide de recherche.
- Criminocorpus — Statistiques historiques : nombre de brigades de gendarmerie (1842-1932) et nombre de gendarmes de tous grades (1842-1932).
- Gendarmerie nationale — Chiffres clés 2025, dossier officiel (PDF) et La Gendarmerie nationale en dix chiffres clés (PDF).

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